Fiche conseil employeur, vérifiée le 8 septembre 2026

DUE, accord ou référendum : quel acte pour la mutuelle et la prévoyance d’entreprise ?

Guide employeur 2026. Trois voies rendent un régime de mutuelle ou de prévoyance d’entreprise obligatoire et exonéré de cotisations. Chacune change la façon dont vous pourrez le modifier, le dénoncer et le défendre en cas de contrôle Urssaf. Ce guide compare les trois, texte par texte, avec les décisions de justice qui comptent en 2026.

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La réponse en 30 secondes

Pour qu’un régime de mutuelle ou de prévoyance d’entreprise soit obligatoire et que la part employeur échappe aux cotisations sociales, il doit reposer sur l’un des trois actes de l’article L. 911-1 du Code de la sécurité sociale : un accord collectif, la ratification à la majorité des intéressés d’un projet proposé par l’employeur (le référendum) ou une décision unilatérale de l’employeur (DUE) constatée dans un écrit remis à chaque salarié.

La DUE est la voie la plus simple et la plus répandue : près d’un établissement sur deux l’utilise selon la DREES. Elle laisse toutefois aux salariés déjà présents le droit de refuser de cotiser (article 11 de la loi Évin) et se dénonce en trois étapes. L’accord collectif est le plus solide, mais aussi le plus rigide à faire évoluer. Le référendum exige la majorité des salariés inscrits, pas des votants, et aucun décret n’en organise les modalités.

En bref

  • Trois actes possibles, tous prévus par l’article L. 911-1 CSS : accord collectif, référendum, DUE. Sans acte, la contribution patronale rentre dans l’assiette des cotisations (L. 242-1 CSS, Cass. 2e civ. 14 mars 2019, n° 18-12.380).
  • DUE : écrit daté et signé, remis à chaque intéressé avec preuve de remise ; CSE informé et consulté avant, à partir de 50 salariés (art. R. 2312-22 du Code du travail).
  • Article 11 de la loi Évin : les salariés présents lors d’une mise en place par DUE ne peuvent pas être contraints de cotiser. Ce droit n’existe pas avec un accord ou un référendum.
  • Accord collectif : signature majoritaire (plus de 50 % des suffrages) ou 30 % validés par consultation ; sans délégué syndical, modalités selon l’effectif ; dépôt sur TéléAccords ; 5 ans par défaut si l’accord ne fixe pas sa durée.
  • Référendum : majorité des salariés concernés inscrits, pas des votants (Cass. soc. 15 novembre 2011, n° 10-20.891). Un référendum manqué laisse un régime facultatif, donc sans exonération.
  • Dénoncer une DUE : information du CSE, notification individuelle à chaque salarié, délai de prévenance suffisant (Cass. soc. 14 janvier 2026, n° 24-17.960). Un courriel collectif ne suffit pas.

Pourquoi l’acte fondateur compte autant

Avant d’être un contrat d’assurance, une mutuelle ou une prévoyance d’entreprise est un engagement de droit du travail. C’est cet engagement, appelé acte fondateur, qui rend l’adhésion obligatoire pour les salariés et qui ouvre l’exonération de la part patronale.

L’article L. 911-1 du Code de la sécurité sociale ne laisse que trois portes : les conventions et accords collectifs, la ratification à la majorité des intéressés d’un projet d’accord proposé par le chef d’entreprise, ou une décision unilatérale de l’employeur constatée dans un écrit remis à chaque intéressé. L’article L. 242-1 du même code exclut de l’assiette des cotisations les contributions de l’employeur aux garanties collectives et obligatoires instituées dans ces conditions. Pas d’acte conforme, pas d’exonération : la Cour de cassation l’a confirmé pour une DUE dont la modification n’avait pas été remise à chaque salarié (Cass. 2e civ. 14 mars 2019, n° 18-12.380).

La DUE

L’employeur décide seul, par un écrit daté et signé qu’il remet à chaque salarié. C’est le mode le plus rapide et le plus souple, choisi par la majorité des TPE et PME.

Texte : art. L. 911-1 CSS, 3e branche

L’accord collectif

Le régime est négocié avec les délégués syndicaux ou, à défaut, avec les élus du CSE ou des salariés mandatés, puis déposé. C’est l’acte le plus sûr et le plus encadré.

Textes : art. L. 911-1 CSS, L. 2232-12 et suivants du Code du travail

Le référendum

L’employeur rédige un projet d’accord que les salariés concernés ratifient à la majorité des inscrits. Une voie intermédiaire, rarement utilisée et sans décret d’application.

Textes : art. L. 911-1 et L. 911-5 CSS ; Cass. soc. 15 novembre 2011

Ce que disent les chiffres

1 sur 2

Près d’un établissement sur deux a fixé son niveau de garanties santé par décision unilatérale de l’employeur.

61 %

Part de la DUE dans les entreprises de 10 à 49 salariés qui proposaient déjà une couverture avant la généralisation.

46 %

Part de l’accord d’entreprise dans les entreprises de 250 salariés et plus couvertes avant l’ANI, contre moins de 20 % sous 50 salariés.

2 130

Accords d’entreprise conclus en 2021 sur la prévoyance, la santé ou la retraite supplémentaire, soit 2,7 % de tous les accords.

Sources : DREES, La complémentaire santé, édition 2019, fiche 25 (enquête PSCE 2017, DREES et Irdes) ; ministère du Travail, bilan de la négociation collective 2021. Le référendum n’apparaît pas isolément dans l’enquête : il est compté dans les 2 à 3 % de modes « autres ».

Et si votre convention collective a déjà tout prévu ? Lorsqu’un accord de branche institue lui-même un régime obligatoire (garanties, cotisations, répartition), il constitue l’acte fondateur : vous devez souscrire un contrat conforme et respecter ses dispenses. Une DUE reste utile pour formaliser ce que la branche laisse ouvert : garanties supérieures, répartition plus favorable, choix de l’assureur, dispenses facultatives. Sur les garanties collectives complémentaires, la branche prime sur l’accord d’entreprise, sauf garanties au moins équivalentes (art. L. 2253-1, 4°, du Code du travail). Vérifiez votre branche dans notre annuaire des conventions collectives.

DUE, accord ou référendum : le tableau comparatif

Treize critères pour comparer les trois actes. Les sections suivantes détaillent chaque mode avec ses textes.

CritèreDUEAccord collectif d’entrepriseRéférendum (art. L. 911-1)
Qui décideL’employeur seulL’employeur et les représentants des salariés (syndicats, élus du CSE ou salariés mandatés)Les salariés concernés, sur un projet rédigé par l’employeur
Condition de validitéÉcrit daté et signé, remis à chaque intéressé avec preuve de remiseSignature majoritaire (plus de 50 % des suffrages) ou 30 % validés par consultation ; règles spécifiques sans délégué syndicalMajorité des salariés inscrits, pas des votants (Cass. soc. 15 nov. 2011)
Délai de mise en placeQuelques jours (après consultation du CSE à partir de 50 salariés)Plusieurs semaines à plusieurs moisQuelques semaines ; aucun délai légal (15 jours minimum si l’on passe par l’accord ratifié du Code du travail)
Formalités de dépôtAucun dépôt ; conserver l’acte et les preuves de remiseDépôt sur la plateforme TéléAccords et au greffe du conseil de prud’hommes ; publication dans la base nationaleAucun dépôt ; conserver le projet, la liste d’émargement et le procès-verbal
Consultation du CSEObligatoire avant la décision, à partir de 50 salariés (R. 2312-22)Les représentants négocient l’accordObligatoire avant le vote, à partir de 50 salariés (R. 2312-22)
Salariés présents pouvant refuser de cotiserOui, article 11 de la loi Évin (refus écrit)NonNon
Améliorer les garantiesNouvelle DUE remise à chacunAvenant de révision, signé aux mêmes conditions de majoritéNouveau référendum ou accord collectif
Réduire les garanties ou alourdir la part salarialeDénonciation en trois étapes, puis nouvelle DUEDénonciation avec préavis de 3 mois, survie 12 mois, garantie de rémunération (L. 2261-9 à L. 2261-13)Nouveau référendum ou accord collectif ; jamais par DUE
DuréeIndéterminée, sauf terme fixé dans l’acte5 ans par défaut si l’accord ne fixe pas sa durée (L. 2222-4)5 ans par défaut également (L. 911-5 CSS renvoie à L. 2222-4)
PérimètreL’entreprise entière, toutes catégories ou catégories objectivesEntreprise, établissement, UES ou groupeL’entreprise ou la catégorie concernée par le projet
Sécurité juridiqueBonne si le formalisme est respecté ; fragile sur la preuve de remiseLa plus forte : acte négocié, déposé, publiéDécret jamais paru, jurisprudence rare ; risque d’un régime facultatif si la majorité manque
Usage constatéPrès d’un établissement sur deuxUn cinquième des établissements, majoritaire au-delà de 250 salariésMarginal
Profil typeTPE et PME sans délégué syndical, créations d’entrepriseEntreprises avec délégués syndicaux, groupes, 250 salariés et plusPME sans syndicat qui veut verrouiller la cotisation des présents

Sources : art. L. 911-1 et L. 911-5 CSS ; art. L. 2222-4, L. 2232-12 et suivants, L. 2261-9 à L. 2261-13, R. 2312-22 du Code du travail ; loi n° 89-1009 du 31 décembre 1989, art. 11 ; DREES, enquête PSCE 2017. Vérification du 8 septembre 2026.

À retenir. La DUE se choisit pour sa souplesse, l’accord pour sa solidité, le référendum pour rendre la cotisation opposable aux salariés présents sans passer par une négociation. Dans tous les cas, c’est la qualité de l’écrit et des preuves qui fera la différence lors d’un contrôle.

DUE, accord ou référendum : réunion entre un employeur et ses salariés pour la mise en place de la mutuelle et de la prévoyance d'entreprise
Le choix de l’acte fondateur engage la gestion du régime pour des années : il se décide avant la signature du contrat d’assurance.

La DUE, décision unilatérale de l’employeur

La DUE est un engagement unilatéral : l’employeur fixe seul le régime, le formalise par écrit et le remet à chaque salarié. Sa force tient à sa simplicité ; sa faiblesse, à la preuve de sa remise et à ses règles de dénonciation.

Ce que l’écrit doit contenir

Aucune liste légale ne fixe le contenu de la DUE. Le Bulletin officiel de la sécurité sociale (BOSS) précise que l’écrit a pour objet de définir le contour des garanties et leurs modalités de mise en œuvre, le taux et la répartition des cotisations entre l’employeur et les salariés, la durée de l’engagement et les modalités de sa remise en cause ou de sa dénonciation. Pour sécuriser l’exonération, l’acte précise aussi :

  • les bénéficiaires : ensemble du personnel ou catégories objectives au sens du décret du 30 juillet 2021 (cadres et non-cadres, notamment) ;
  • le caractère obligatoire de l’adhésion et les dispenses retenues parmi celles de l’article R. 242-1-6 CSS, en plus des dispenses de droit (voir notre guide des dispenses de mutuelle d’entreprise) ;
  • en prévoyance, les clauses de l’article L. 912-3 CSS : revalorisation des rentes en cours de service et maintien de la garantie décès pour les bénéficiaires de rentes d’incapacité ou d’invalidité en cas de changement d’assureur ;
  • la date d’effet, la date et la signature du représentant légal.

Le nom de l’organisme assureur n’est pas une mention imposée par la loi. S’il figure dans la DUE, tout changement d’assureur impose une nouvelle DUE remise à chacun. Beaucoup d’entreprises préfèrent renvoyer au contrat en vigueur. Un modèle commenté figure dans notre guide La DUE pour les nuls.

La remise à chaque intéressé, condition de l’exonération

L’article L. 911-1 exige un écrit remis par l’employeur à chaque intéressé. En cas de contrôle, l’employeur doit produire une copie de l’écrit et justifier de sa remise : document joint au bulletin de paie, remise en mains propres contre récépissé, envoi postal, liste d’émargement ou courriel avec accusé de réception (BOSS, protection sociale complémentaire). Un simple affichage ne suffit pas, y compris pour une modification favorable aux salariés (Cass. 2e civ. 14 mars 2019, n° 18-12.380). La Cour de cassation a encore rappelé en 2025 que l’Urssaf contrôle la remise de la DUE à chaque intéressé et les demandes de dispense (Cass. 2e civ. 16 octobre 2025, n° 23-16.350). Les nouveaux embauchés reçoivent la DUE en vigueur à leur arrivée, avec la notice d’information de l’assureur.

Le droit de refus des salariés présents (article 11 de la loi Évin)

Aucun salarié employé dans l’entreprise avant la mise en place d’un régime par DUE ne peut être contraint de cotiser contre son gré (loi n° 89-1009 du 31 décembre 1989, art. 11 ; art. R. 242-1-6 CSS, dernier alinéa). Cette dispense est d’ordre public, permanente et n’a pas besoin d’être écrite dans l’acte. Elle ne joue que si une part de cotisation est mise à la charge des salariés, et le refus doit être formulé par écrit (Cass. 2e civ. 24 septembre 2020, n° 19-13.195). La doctrine administrative l’admet aussi lorsqu’une nouvelle DUE fait supporter aux salariés une cotisation jusque-là financée à 100 % par l’employeur. Un changement d’assureur à garanties et cotisations inchangées ne l’ouvre pas.

Conséquence pratique. Avec une DUE, les salariés déjà en poste peuvent rester hors du régime. Avec un accord collectif ou un référendum, ils y sont tenus. C’est souvent ce critère qui fait basculer une PME vers le référendum lorsqu’elle instaure une part salariale.

Le CSE avant la décision

À partir de 50 salariés, le CSE est informé et consulté avant la mise en place ou la modification d’une garantie collective (art. R. 2312-22 du Code du travail). Son avis ne lie pas l’employeur, mais son absence expose à un délit d’entrave. En dessous de 50 salariés, aucune consultation formelle n’est imposée par ce texte ; informer les élus reste une bonne pratique. La section CSE et salariés détaille ce point.

Ce que la DUE apporte

  • Mise en place en quelques jours, sans négociation ni dépôt
  • Amélioration du régime par simple nouvelle DUE remise à chacun
  • Toutes les dispenses facultatives peuvent y être prévues
  • Adaptée aux créations d’entreprise et aux structures sans représentants du personnel
  • Révisable par accord, par référendum ou par une autre DUE (BOSS, § 590)

Ses limites

  • Les salariés présents à la mise en place peuvent refuser de cotiser (loi Évin, art. 11)
  • Preuve de remise à conserver pour chaque salarié, embauches comprises
  • Réduction des droits ou hausse de la part salariale : dénonciation en trois étapes
  • Un accord collectif ultérieur ayant le même objet s’y substitue de plein droit (Cass. soc. 20 mai 2014, n° 12-26.322)
  • Périmètre limité à l’entreprise : pas d’acte de groupe ou d’établissement

L’accord collectif d’entreprise

L’accord collectif est un contrat négocié entre l’employeur et les représentants des salariés. Il s’impose à tous, y compris aux salariés présents, et ne peut être modifié qu’en respectant les règles de la négociation collective. C’est l’acte de référence des entreprises dotées de délégués syndicaux.

Avec un délégué syndical : l’accord majoritaire

Depuis le 1er mai 2018, un accord d’entreprise n’est valide que s’il est signé par une ou plusieurs organisations syndicales représentatives ayant recueilli plus de 50 % des suffrages exprimés en faveur d’organisations représentatives au premier tour des dernières élections du CSE (art. L. 2232-12 du Code du travail). Si les signataires ne pèsent qu’entre 30 % et 50 %, l’accord peut être validé par une consultation des salariés à la majorité des suffrages exprimés, à la demande des signataires ou, à défaut d’opposition, de l’employeur. Cette consultation ne doit pas être confondue avec le référendum de l’article L. 911-1 : elle vient valider un accord syndical minoritaire.

Sans délégué syndical : selon l’effectif

EffectifAvec qui conclureCondition de validitéTexte
Moins de 11 salariésL’employeur propose directement un projet d’accord aux salariésConsultation au plus tôt 15 jours après la remise du projet à chaque salarié, approbation aux deux tiers du personnelL. 2232-21 et L. 2232-22
11 à 20 salariés sans élu au CSEMême procédure de ratification, ou salarié mandaté par un syndicatDeux tiers du personnel, ou approbation à la majorité des suffrages exprimés après signature par le salarié mandatéL. 2232-23 et L. 2232-23-1
11 à 49 salariésÉlus titulaires du CSE (mandatés ou non) ou salariés mandatésSignature d’élus représentant la majorité des suffrages, ou approbation des salariés à la majorité des suffrages exprimésL. 2232-23-1
50 salariés et plusÉlus du CSE mandatés par un syndicat représentatif, à défaut salarié mandatéApprobation des salariés à la majorité des suffrages exprimésL. 2232-24 à L. 2232-26

Un procès-verbal de carence aux élections du CSE, lorsqu’il est requis, doit être conservé : il justifie le recours à ces modalités dérogatoires.

Dépôt, durée, révision et dénonciation

  • Dépôt : sur la plateforme TéléAccords du ministère du Travail, avec un exemplaire au greffe du conseil de prud’hommes du lieu de conclusion (art. D. 2231-2 du Code du travail). L’accord est publié dans la base de données nationale, sauf demande d’anonymisation.
  • Durée : à défaut de clause, l’accord est conclu pour cinq ans et cesse de produire ses effets à l’échéance (art. L. 2222-4). Un régime frais de santé se rédige donc à durée indéterminée, ou avec une clause de renouvellement.
  • Révision : par avenant conclu aux mêmes conditions de majorité (art. L. 2261-7-1). Une DUE ne peut pas modifier un accord.
  • Dénonciation : préavis de trois mois sauf clause contraire, notification aux signataires et dépôt (art. L. 2261-9) ; nouvelle négociation à la demande d’une partie (art. L. 2261-10) ; à défaut d’accord de substitution, l’accord survit douze mois après le préavis, puis les salariés conservent une garantie de rémunération (art. L. 2261-13). Le BOSS maintient l’exclusion d’assiette jusqu’au texte de substitution ou, à défaut, pendant ce délai de survie.

Branche et accord d’entreprise. Les garanties collectives complémentaires font partie des matières où la convention de branche prime : un accord d’entreprise ne peut prévoir moins, sauf à assurer des garanties au moins équivalentes (art. L. 2253-1, 4°, du Code du travail). En pratique, l’accord d’entreprise sert à aller au-delà du socle de branche ou à organiser un régime dans les branches qui n’en ont pas, comme la banque ou l’architecture.

Ce que l’accord apporte

  • S’impose à tous les salariés, sans le droit de refus de l’article 11 de la loi Évin
  • Légitimité sociale et sécurité juridique maximales (acte déposé et publié)
  • Peut être conclu au niveau de l’établissement, de l’UES ou du groupe
  • Peut faire table rase d’une DUE ou d’un usage antérieur ayant le même objet, sans dénonciation préalable (Cass. soc. 20 mai 2014)

Ses limites

  • Négociation longue et interlocuteurs nécessaires (syndicats, élus, salariés mandatés)
  • Toute évolution passe par un avenant négocié, même une amélioration
  • Dénonciation encadrée : préavis, survie de douze mois, garantie de rémunération
  • Piège de la durée par défaut de cinq ans si la clause est oubliée
  • Publicité de l’accord (base de données nationale)

Le référendum de l’article L. 911-1

Le référendum, ou accord référendaire, consiste à faire ratifier par les salariés concernés un projet d’accord rédigé par l’employeur. Une fois adopté, il a la force d’un accord : il s’impose à tous, y compris à ceux qui ont voté contre. Mais son régime juridique repose sur un décret qui n’a jamais été pris.

La condition qui fait tout : la majorité des inscrits

La loi exige la ratification « à la majorité des intéressés ». La Cour de cassation l’entend comme la majorité des salariés inscrits, c’est-à-dire de l’ensemble du personnel concerné par le projet, et non des seuls votants ni des suffrages exprimés. Cette exigence ne peut être abaissée ni par accord ni par décision unilatérale (Cass. soc. 15 novembre 2011, n° 10-20.891). Dans cette affaire, un régime adopté à la majorité des suffrages exprimés mais sans atteindre la majorité des inscrits a été jugé facultatif : les salariés n’étaient pas tenus d’y adhérer, avec les conséquences que l’on devine sur l’exonération.

Les intéressés sont les salariés couverts par le projet : tout le personnel si le régime est général, la seule catégorie visée s’il ne concerne par exemple que les cadres. Un salarié absent ou abstentionniste compte donc comme un vote manquant.

Une procédure à organiser soi-même

L’article L. 911-5 CSS renvoie à un décret en Conseil d’État le soin de fixer les conditions de ratification, de modification et de dénonciation du projet d’accord. Ce décret n’a jamais été publié. Aucun texte n’impose donc de délai entre l’information et le vote, de bulletin secret ou de dépôt. La pratique transpose les garanties des élections professionnelles, ce qui protège l’employeur en cas de contestation :

Rédiger le projet

Un projet d’accord complet : bénéficiaires, garanties, cotisations et répartition, dispenses, durée, modalités de révision et de dénonciation, clauses L. 912-3 en prévoyance.

Informer les intéressés

Remise du projet à chaque salarié concerné, avec la notice de l’assureur et, à partir de 50 salariés, consultation préalable du CSE. Un délai de quinze jours est un repère raisonnable.

Organiser le vote

Vote à bulletin secret pendant le temps de travail (urne ou solution électronique garantissant le secret), liste d’émargement, bureau de vote ou scrutateurs.

Constater le résultat

Procès-verbal daté et signé : inscrits, votants, suffrages, résultat rapporté au nombre d’inscrits. Affichage des résultats.

Mettre en œuvre

Signature du contrat d’assurance conforme, remise de la notice, conservation du projet, des émargements et du PV pour l’Urssaf.

À ne pas confondre avec deux autres votes

  • La consultation validant un accord minoritaire (art. L. 2232-12) : elle suit une signature syndicale pesant entre 30 % et 50 % et se gagne à la majorité des suffrages exprimés.
  • La ratification aux deux tiers dans les entreprises de moins de 11 salariés, ou de 11 à 20 sans élu (art. L. 2232-21 à L. 2232-23) : elle produit un véritable accord d’entreprise, avec délai de quinze jours, dépôt sur TéléAccords et règles de dénonciation des accords collectifs. Pour une TPE qui veut verrouiller son régime, c’est souvent la voie la plus sûre.

Si le référendum échoue. Le projet ne peut pas être imposé par cette voie et l’obligation de couvrir les salariés demeure. L’employeur bascule alors sur une DUE, avec le droit de refus des salariés présents, ou reprend une négociation. Un régime appliqué malgré un vote insuffisant reste facultatif, ce qui fragilise l’exonération de la part patronale.

Ce que le référendum apporte

  • Force obligatoire d’un accord : les salariés présents ne peuvent pas refuser de cotiser
  • Pas de syndicat ni d’élus nécessaires
  • Légitimité d’un vote direct, utile pour instaurer une part salariale
  • Aucun dépôt administratif

Ses limites

  • Majorité des inscrits difficile à réunir dans les effectifs dispersés ou à fort absentéisme
  • Aucun décret : les modalités du scrutin reposent sur la prudence de l’employeur
  • Toute modification passe par un nouveau référendum ou un accord collectif
  • Durée de cinq ans par défaut si le projet ne fixe pas sa durée (L. 911-5 et L. 2222-4)

Quel acte choisir ? Le schéma de décision

Quatre questions suffisent dans la grande majorité des situations. Le schéma part de votre convention collective, puis de la présence d’un délégué syndical, puis de vos objectifs.

1. Votre convention collective institue-t-elle déjà un régime obligatoire (garanties, cotisations, répartition) ?

OuiL’accord de branche est votre acte fondateur. Souscrivez un contrat conforme et formalisez par DUE ce que la branche laisse ouvert : garanties supérieures, répartition, dispenses facultatives, assureur retenu.

Non, ou la branche ne fait que recommanderL’acte se construit dans l’entreprise. Passez à la question 2.

2. Un délégué syndical est-il présent dans l’entreprise ?

OuiL’accord collectif majoritaire est la voie attendue par les partenaires sociaux. Une DUE reste possible, mais un accord postérieur ayant le même objet s’y substituera.

NonDUE, référendum ou accord conclu avec les élus ou par ratification : passez à la question 3.

3. Voulez-vous que les salariés déjà en poste ne puissent pas refuser la cotisation ?

OuiRéférendum de l’article L. 911-1 (majorité des inscrits) ou, sous 11 salariés, accord ratifié aux deux tiers. L’article 11 de la loi Évin ne s’applique pas à ces actes.

Non, ou le régime est financé à 100 % par l’employeurLe droit de refus ne joue pas sans part salariale. Passez à la question 4.

4. Cherchez-vous d’abord la rapidité et la liberté de faire évoluer le régime ?

OuiLa DUE, remise à chaque salarié contre preuve, après consultation du CSE à partir de 50 salariés.

Non, je préfère un cadre stable et partagéRéférendum ou accord conclu avec les élus du CSE, selon la taille de l’entreprise.

Notre recommandation par profil d’entreprise

ProfilActe conseilléPourquoi
Création d’entreprise, première embaucheDUEImmédiate, évolutive ; aucun salarié présent avant la mise en place, donc pas de droit de refus
TPE de moins de 11 salariésDUE, ou accord ratifié aux deux tiersLa DUE suffit ; la ratification verrouille la cotisation des présents si une part salariale est instaurée
11 à 49 salariés avec CSE, sans délégué syndicalDUE (élus informés) ou référendumLa DUE reste la norme ; le référendum si l’on veut une adhésion collective sans droit de refus
50 à 249 salariés sans délégué syndicalDUE après consultation du CSE, ou accord avec élus mandatésConsultation obligatoire (R. 2312-22) ; l’accord sécurise les régimes complexes ou à plusieurs catégories
Entreprise avec délégués syndicaux, 250 salariés et plusAccord collectif majoritaireAttente des partenaires sociaux, sécurité juridique, périmètre établissement ou groupe possible
Groupe de plusieurs sociétésAccord de groupe, ou DUE harmonisées société par sociétéUne DUE ne vaut que pour l’entreprise qui la signe ; l’accord de groupe couvre d’un coup toutes les entités

Chaque situation mérite une lecture de la convention collective et de l’acte existant. Demandez une vérification gratuite : premier retour sous 24 h ouvrées.

DUE, accord ou référendum : vote des salariés lors de la ratification d'un projet de mutuelle et de prévoyance d'entreprise
Un référendum se gagne à la majorité des inscrits : chaque abstention compte comme une voix manquante.

Modifier, réviser ou dénoncer selon l’acte

Les règles d’évolution dépendent de l’acte fondateur, avec une hiérarchie simple : un accord collectif peut remplacer une DUE ou un accord référendaire, jamais l’inverse. Une erreur de procédure laisse l’ancien régime en vie et expose l’exonération.

OpérationRégime mis en place par DUEPar accord collectifPar référendum
Améliorer les garanties ou baisser la part salarialeNouvelle DUE (ou avenant) remise à chaque salarié avec preuve ; CSE consulté à partir de 50 salariésAvenant de révision signé aux conditions de majorité, déposéNouveau référendum à la majorité des inscrits, ou accord collectif
Changer d’assureur à garanties inchangéesNouvelle DUE si l’ancienne nommait l’assureur ; dans tous les cas, nouvelle notice remise à chacunAvenant si l’accord nomme l’assureur ; à défaut, information et noticeNouveau vote si le projet nomme l’assureur ; à défaut, information et notice
Réduire les garanties ou alourdir la part salarialeDénonciation en trois étapes puis nouvelle DUE ; droit de refus des présents si une cotisation nouvelle leur est imposéeAvenant négocié ou dénonciation (préavis 3 mois, survie 12 mois, garantie de rémunération)Nouveau référendum ou accord collectif ; une DUE ne peut pas réduire un régime ratifié
Ajouter une dispense facultativeNouvelle DUE remise à chacunAvenantNouveau vote ou accord
Supprimer une dispense facultativeDénonciation puis nouvelle DUE : les salariés concernés doivent adhérerAvenant ou dénonciationNouveau vote ou accord
Changer d’acteUn accord collectif ayant le même objet met fin à la DUE sans dénonciation préalable (Cass. soc. 20 mai 2014) ; un référendum peut aussi la réviserSeul un autre accord peut s’y substituerUn accord collectif peut s’y substituer

Sources : BOSS, protection sociale complémentaire, § 590 (révision d’un régime mis en place par DUE) ; art. L. 2261-7-1, L. 2261-9 à L. 2261-13 du Code du travail ; Cass. soc. 20 mai 2014, n° 12-26.322 ; Cass. 2e civ. 14 mars 2019, n° 18-12.380.

Dénoncer une DUE : trois conditions cumulatives

La DUE obéit au régime des engagements unilatéraux. Pour y mettre fin ou la remplacer par un texte moins favorable, l’employeur doit, dans cet ordre :

  1. informer le CSE (ou, à défaut, les représentants du personnel existants) de la nature et de la date de la suppression ou de la modification ;
  2. notifier individuellement chaque salarié bénéficiaire, par un écrit à date certaine : lettre remise contre récépissé ou recommandée, courriel individuel avec accusé. Un affichage ou un courriel adressé à une liste de diffusion ne suffit pas (Cass. soc. 27 mars 2008, n° 07-40.437 ; Cass. soc. 14 janvier 2026, n° 24-17.960) ;
  3. respecter un délai de prévenance suffisant pour permettre d’éventuelles négociations (Cass. soc. 25 février 1988, n° 85-40.821 ; Cass. soc. 14 novembre 1990, n° 88-42.325). Aucun texte n’en fixe la durée : cinq semaines ont été jugées trop courtes pour une prime (Cass. soc. 4 décembre 2019, n° 18-20.763). La pratique retient trois mois, par analogie avec le préavis des accords collectifs.

La dénonciation ne vaut que pour l’avenir et n’a pas à être motivée. Tant que ces conditions ne sont pas réunies, l’ancienne DUE continue de s’appliquer : si le contrat d’assurance a déjà changé, l’entreprise se retrouve en auto-assurance sur l’écart de garanties. Une DUE à durée déterminée cesse en revanche à son terme sans formalité (Cass. soc. 3 avril 2024, n° 22-16.937). La nouvelle DUE est ensuite remise à chaque salarié, exactement comme la première. Notre fiche sur le changement de répartition employeur/salarié détaille le calendrier.

Fusion, cession, transfert. Une DUE et un accord référendaire sont transférés avec les contrats de travail jusqu’à leur dénonciation régulière par le repreneur ; un accord collectif est mis en cause et survit quinze mois. Le détail figure dans notre guide fusion-absorption et régimes santé prévoyance.

Le CSE et l’information des salariés

Le CSE

Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, le CSE est informé et consulté avant la mise en place d’une garantie collective au sens de l’article L. 911-2 CSS ou sa modification (art. R. 2312-22 du Code du travail). Cette consultation précède la DUE ou le référendum ; pour un accord, les représentants sont parties à la négociation. L’avis du comité est consultatif.

Le défaut de consultation relève du délit d’entrave et du droit du CSE ; il ne rend pas le régime inopposable aux salariés, qui restent tenus d’y adhérer (Cass. soc. 12 février 2025, n° 23-19.821). Il n’est pas non plus, à lui seul, une condition de l’exonération Urssaf. Sous 50 salariés, informer les élus est une bonne pratique, pas une obligation de ce texte.

Les salariés

Quel que soit l’acte, chaque salarié reçoit la notice d’information établie par l’assureur (loi Évin, art. 12 ; art. L. 141-4 du Code des assurances), et, en cas de DUE, l’écrit lui-même. Le manquement à l’information n’autorise pas le salarié à refuser d’adhérer ni à demander sa radiation, mais il engage la responsabilité de l’employeur.

Pensez aux entrants : la DUE ou l’accord en vigueur et la notice font partie du dossier d’embauche. Notre check-list embauche et départ reprend chaque étape.

Ce que vérifie l’Urssaf

Le contrôle porte sur l’existence d’un acte conforme, sur sa remise ou son dépôt, et sur la cohérence entre l’acte, le contrat d’assurance et la paie. Les pièces à présenter dépendent du mode choisi.

Régime par DUE

  • Copie de la DUE en vigueur, datée et signée, et des DUE antérieures
  • Preuve de remise à chaque intéressé : récépissés, liste d’émargement, accusés de réception
  • Demandes de dispense écrites, avec la mention d’information des conséquences (R. 242-1-6)
  • Refus écrits au titre de l’article 11 de la loi Évin
  • Avis du CSE à partir de 50 salariés

Régime par accord

  • Accord signé et ses avenants, récépissés de dépôt TéléAccords
  • Procès-verbal des dernières élections du CSE ou de carence
  • Preuve de la consultation des salariés le cas échéant (accord minoritaire ou ratification)
  • Demandes de dispense prévues par l’accord

Régime par référendum

  • Projet d’accord remis aux salariés et preuve de sa communication
  • Liste d’émargement, procès-verbal du scrutin avec inscrits, votants et résultat
  • Preuve de la majorité des inscrits
  • Demandes de dispense prévues par le projet

Dans tous les cas s’ajoutent le contrat d’assurance, la notice, les bulletins de paie et la liste des salariés affiliés. Le contrôle porte en principe sur les trois années civiles précédant l’année du contrôle. L’exonération peut être remise en cause si l’acte manque ou si sa remise n’est pas prouvée ; le redressement est alors calculé selon l’article L. 133-4-8 CSS, qui le limite, sous conditions, aux sommes faisant défaut ou excédentaires multipliées par 1,5 ou 3 selon le manquement. Notre guide du contrôle Urssaf mutuelle et prévoyance décrit le déroulement.

Cinq cas pratiques

Cas n° 1 : création d’entreprise, six salariés, aucun représentant du personnel

Une agence de communication embauche ses six premiers salariés. Sa convention collective recommande un assureur sans imposer le régime. Acte retenu : DUE, mise en place le mois de l’embauche, répartition 60/40, dispenses facultatives limitées aux cas de l’article R. 242-1-6. Aucun salarié n’étant présent avant la décision, le droit de refus de l’article 11 ne joue pas. Chaque salarié signe un récépissé de remise de la DUE et de la notice ; le récépissé est classé dans le dossier individuel. Le CE externalisé offert par BL ASSUR complète l’avantage social dès le premier mois.

Cas n° 2 : passer d’un financement à 100 % employeur à une répartition 60/40

Une PME de 35 salariés finance depuis 2016 sa mutuelle à 100 % par DUE. Pour absorber une hausse de 12 % des cotisations, elle veut instaurer une part salariale de 40 %. Par DUE, il faut dénoncer l’engagement (information du CSE, notification individuelle, délai de trois mois) puis remettre une nouvelle DUE ; les salariés présents pourront refuser de cotiser au titre de l’article 11 de la loi Évin. Par référendum, le nouveau projet ratifié à la majorité des inscrits s’impose à tous, présents compris. Avec 35 salariés, il faut au moins 18 voix favorables, quel que soit le nombre de votants. L’entreprise choisit le référendum, précédé d’une réunion d’explication et d’un vote électronique à bulletin secret.

Cas n° 3 : accord collectif dans une entreprise de 120 salariés avec délégué syndical

Un industriel harmonise la prévoyance de ses cadres et non-cadres. Le délégué syndical CFDT représente 58 % des suffrages : l’accord qu’il signe est majoritaire. L’accord est déposé sur TéléAccords et au greffe du conseil de prud’hommes. Le juriste remarque que le projet initial ne fixait pas de durée : conclu en l’état, il aurait cessé de produire ses effets au bout de cinq ans (art. L. 2222-4). Une clause de durée indéterminée est ajoutée avant signature.

Cas n° 4 : un référendum gagné aux voix, perdu aux inscrits

Une société de 40 salariés soumet un projet de régime santé à référendum. 25 salariés votent, 18 approuvent. La direction annonce l’adoption. Or 18 voix sur 40 inscrits n’atteignent pas la majorité des intéressés : le régime est facultatif (Cass. soc. 15 novembre 2011). Deux salariés refusent l’affiliation et obtiennent le remboursement des cotisations prélevées ; lors du contrôle, l’Urssaf remet en cause l’exonération faute d’acte valable. La solution aurait été de reconvoquer un vote ou de basculer sur une DUE dès le constat du résultat.

Cas n° 5 : changement d’assureur avec une DUE qui nommait l’ancien organisme

Une entreprise de 22 salariés change de mutuelle au 1er janvier pour de meilleures garanties au même tarif. Sa DUE de 2019 nommait l’ancien assureur. Elle se contente d’afficher une note et de distribuer la nouvelle notice. Lors du contrôle, l’inspecteur constate que le régime appliqué ne correspond plus à l’acte remis aux salariés et que la modification n’a pas été remise à chacun. La jurisprudence de 2019 le permet : la part patronale est réintégrée pour les années contrôlées. Une nouvelle DUE d’une page, remise contre émargement avec la notice, aurait suffi.

Check-list avant de signer

Huit vérifications que nous faisons pour chaque client avant la signature du contrat d’assurance.

  • La convention collective a été lue : régime imposé, recommandé ou libre, minima de garanties et de répartition.
  • L’acte fondateur existant a été retrouvé (DUE, accord, PV de référendum) et sa remise ou son dépôt est prouvable.
  • Les bénéficiaires sont définis par catégories objectives conformes au décret du 30 juillet 2021.
  • Les dispenses retenues sont écrites, et les dispenses de droit rappelées, article 11 de la loi Évin compris pour une DUE.
  • La clause de durée est indéterminée pour un accord ou un projet référendaire (cinq ans par défaut sinon).
  • Le CSE a été consulté avant la décision, à partir de 50 salariés, et son avis est daté.
  • L’acte ne nomme l’assureur que si l’on accepte de le refaire à chaque changement d’organisme.
  • Le calendrier de remise est organisé : récépissés pour les présents, dossier d’embauche pour les entrants, notice à jour.
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Fiche synthèse à imprimer (1 page)

Tableau comparatif des trois actes, majorités requises, règles de dénonciation et check-list.

Télécharger la synthèse DUE, accord ou référendum (PDF)

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FAQ : 20 questions d’employeurs sur la DUE, l’accord et le référendum

Les réponses reflètent les textes et la jurisprudence au 8 septembre 2026. Elles ne remplacent pas l’analyse de votre convention collective et de vos actes.

Choisir le bon acte

Quel est le mode de mise en place le plus simple pour une mutuelle d’entreprise ?

La décision unilatérale de l’employeur (DUE). Elle ne demande ni négociation ni dépôt : un écrit daté et signé, remis à chaque salarié avec preuve de remise, après consultation du CSE à partir de 50 salariés. C’est le mode retenu par près d’un établissement sur deux selon la DREES. Sa contrepartie : les salariés présents lors de la mise en place peuvent refuser de cotiser si une part salariale existe (article 11 de la loi Évin).

Une DUE suffit-elle pour respecter l’obligation de mutuelle d’entreprise ?

Oui. L’article L. 911-1 du Code de la sécurité sociale place la DUE au même rang que l’accord collectif et le référendum. Elle satisfait l’obligation de couverture généralisée depuis le 1er janvier 2016, à condition de prévoir au moins le panier de soins minimal, une participation employeur d’au moins 50 % et le caractère obligatoire de l’adhésion, et d’être remise à chaque salarié. Voir notre guide de la mutuelle d’entreprise obligatoire.

Ma convention collective prévoit déjà un régime : dois-je quand même rédiger un acte ?

Si l’accord de branche institue lui-même le régime (garanties, cotisations, répartition), il est votre acte fondateur : il vous suffit de souscrire un contrat conforme et d’appliquer ses dispenses. Une DUE reste recommandée pour formaliser ce que la branche laisse ouvert, comme des garanties supérieures, une répartition plus favorable, l’assureur retenu ou des dispenses facultatives. Sur ces garanties, la branche prime sur l’accord d’entreprise, sauf garanties au moins équivalentes (art. L. 2253-1, 4°, du Code du travail).

Peut-on utiliser des actes différents pour la santé et pour la prévoyance ?

Oui. Chaque régime a son propre acte fondateur. Il est fréquent qu’une prévoyance cadres découle de la branche ou de l’obligation de 1,50 % de l’ANI du 17 novembre 2017, tandis que la mutuelle repose sur une DUE d’entreprise. L’essentiel est que chaque régime soit couvert par un acte conforme et que les catégories de bénéficiaires soient objectives.

La DUE

Que doit contenir une DUE mutuelle ou prévoyance ?

Selon le BOSS, l’écrit précise le contour des garanties et leurs modalités de mise en œuvre, le taux et la répartition des cotisations, la durée de l’engagement et ses modalités de dénonciation. On y ajoute les bénéficiaires par catégories objectives, le caractère obligatoire de l’adhésion, les dispenses facultatives retenues, la date d’effet et la signature. En prévoyance, les clauses de l’article L. 912-3 CSS sur la revalorisation des rentes et le maintien de la garantie décès sont obligatoires. Le nom de l’assureur n’est pas exigé.

Comment prouver la remise de la DUE à chaque salarié ?

Par un récépissé signé, une liste d’émargement, un envoi postal, un document joint au bulletin de paie ou un courriel individuel avec accusé de réception, modes admis par le BOSS. Conservez ces preuves pour chaque salarié, embauches comprises. Un affichage ne suffit pas, même pour une modification favorable (Cass. 2e civ. 14 mars 2019, n° 18-12.380), et l’Urssaf vérifie cette remise ainsi que les demandes de dispense (Cass. 2e civ. 16 octobre 2025, n° 23-16.350).

Les salariés présents peuvent-ils refuser une mutuelle mise en place par DUE ?

Oui, s’ils étaient déjà employés lors de la mise en place et qu’une part de cotisation est mise à leur charge (loi Évin, art. 11). Le refus est écrit, permanent, et n’a pas besoin d’être prévu dans l’acte. Il ne concerne ni les salariés embauchés après, ni un régime financé à 100 % par l’employeur, ni un simple changement d’assureur. Ce droit n’existe pas lorsque le régime résulte d’un accord collectif ou d’un référendum.

Faut-il consulter le CSE avant une DUE ?

À partir de 50 salariés, oui : le CSE est informé et consulté avant la mise en place ou la modification d’une garantie collective (art. R. 2312-22 du Code du travail). Son avis ne lie pas l’employeur. L’omission expose au délit d’entrave, mais elle ne rend pas le régime inopposable aux salariés (Cass. soc. 12 février 2025, n° 23-19.821) et n’est pas en elle-même une condition de l’exonération. Sous 50 salariés, informer les élus est une bonne pratique.

L’accord collectif

Quelle majorité faut-il pour un accord d’entreprise sur la mutuelle ?

L’accord doit être signé par des syndicats représentatifs ayant obtenu plus de 50 % des suffrages exprimés en faveur d’organisations représentatives aux dernières élections du CSE (art. L. 2232-12 du Code du travail). Entre 30 % et 50 %, il peut être validé par une consultation des salariés à la majorité des suffrages exprimés. Cette règle s’applique aux accords de protection sociale complémentaire comme aux autres.

Sans délégué syndical, peut-on conclure un accord collectif ?

Oui, selon l’effectif. Sous 11 salariés, l’employeur propose un projet ratifié aux deux tiers du personnel après un délai de quinze jours (art. L. 2232-21). De 11 à 20 salariés sans élu, même procédure. De 11 à 49 salariés, l’accord se négocie avec les élus titulaires du CSE ou des salariés mandatés (art. L. 2232-23-1). À partir de 50 salariés, avec des élus mandatés ou, à défaut, un salarié mandaté, puis approbation des salariés à la majorité des suffrages exprimés.

Où déposer l’accord et combien de temps est-il valable ?

Sur la plateforme TéléAccords du ministère du Travail, avec un exemplaire au greffe du conseil de prud’hommes (art. D. 2231-2). À défaut de clause de durée, l’accord est conclu pour cinq ans et cesse de produire ses effets à l’échéance (art. L. 2222-4). Un régime de mutuelle ou de prévoyance se rédige donc à durée indéterminée. La même règle s’applique au projet d’accord référendaire (art. L. 911-5 CSS).

Le référendum

Quelle majorité faut-il pour un référendum mutuelle ou prévoyance ?

La majorité des salariés concernés inscrits, et non la majorité des votants ou des suffrages exprimés. La Cour de cassation juge cette exigence d’ordre public : ni un accord ni une DUE ne peuvent l’abaisser (Cass. soc. 15 novembre 2011, n° 10-20.891). Sur 40 salariés concernés, il faut donc au moins 21 voix favorables, quel que soit le nombre de votants.

Le vote doit-il être à bulletin secret et précédé d’un délai ?

Aucun texte ne l’impose pour le référendum de l’article L. 911-1, dont le décret d’application n’a jamais été pris. Par prudence, on remet le projet à chaque salarié au moins quinze jours avant, on organise un vote à bulletin secret pendant le temps de travail, avec liste d’émargement et procès-verbal. Le vote électronique est possible s’il garantit le secret et la sincérité du scrutin. La ratification aux deux tiers du Code du travail impose, elle, un délai minimal de quinze jours.

Que faire si le référendum échoue ?

Le régime ne peut pas être imposé par cette voie, mais l’obligation de couvrir les salariés demeure. L’employeur peut reconvoquer un vote après avoir retravaillé le projet, ou basculer sur une DUE, avec le droit de refus des salariés présents. Appliquer le régime malgré un vote insuffisant le rend facultatif et fragilise l’exonération de la part patronale.

Quelle différence entre le référendum de l’article L. 911-1 et le référendum du Code du travail ?

Le référendum de l’article L. 911-1 CSS ratifie un projet de l’employeur à la majorité des inscrits, sans dépôt ; l’accord ratifié est révisé par un nouveau vote ou par accord collectif. La ratification du Code du travail (art. L. 2232-21 à L. 2232-23), réservée aux entreprises de moins de 11 salariés ou de 11 à 20 sans élu, exige les deux tiers du personnel et un délai de quinze jours ; elle produit un accord d’entreprise déposé sur TéléAccords, soumis aux règles de dénonciation des accords collectifs. La consultation de l’article L. 2232-12 est encore différente : elle valide un accord syndical minoritaire.

Modifier et dénoncer

Comment dénoncer une DUE mutuelle ou prévoyance ?

En trois étapes cumulatives : information du CSE, notification individuelle à chaque salarié par un écrit à date certaine, puis délai de prévenance suffisant pour permettre une négociation, trois mois en pratique. Un courriel adressé à une liste de diffusion ne vaut pas notification individuelle (Cass. soc. 14 janvier 2026, n° 24-17.960). La nouvelle DUE est ensuite remise à chaque salarié. Si elle instaure une cotisation salariale nouvelle, les salariés présents peuvent la refuser au titre de l’article 11 de la loi Évin.

Peut-on remplacer une DUE par un accord collectif, et l’inverse ?

Un accord collectif ayant le même objet met fin à la DUE sans dénonciation préalable ni délai (Cass. soc. 20 mai 2014, n° 12-26.322). Un référendum peut également réviser un régime mis en place par DUE, et le BOSS admet qu’une nouvelle DUE le révise (§ 590). L’inverse n’est pas possible : un régime issu d’un accord collectif ne se modifie que par avenant ou dénonciation, et un régime ratifié par référendum ne se modifie que par nouveau vote ou par accord.

Un changement d’assureur impose-t-il un nouvel acte ?

Seulement si l’acte nomme l’assureur ou si les garanties ou cotisations changent. Dans ce cas, une nouvelle DUE remise à chacun, un avenant ou un nouveau vote est nécessaire, faute de quoi le régime appliqué ne correspond plus à l’acte (Cass. 2e civ. 14 mars 2019). Dans tous les cas, une nouvelle notice est remise aux salariés et, en prévoyance, l’acte doit organiser la revalorisation des rentes et le maintien de la garantie décès lors du changement d’organisme (art. L. 912-3 CSS).

Contrôle et accompagnement

Quelles pièces l’Urssaf demande-t-elle sur l’acte de mise en place ?

L’acte fondateur et ses versions successives, la preuve de sa remise (DUE) ou de son dépôt (accord) ou le procès-verbal du scrutin (référendum), les demandes de dispense écrites, l’avis du CSE le cas échéant, le contrat d’assurance, la notice et les bulletins de paie. Le contrôle porte en principe sur les trois années civiles précédant l’année du contrôle. Si l’acte manque ou si sa remise n’est pas prouvée, l’exonération peut être remise en cause, avec un redressement calculé selon l’article L. 133-4-8 CSS.

BL ASSUR peut-il rédiger ou vérifier mon acte de mise en place ?

Oui. Nous lisons votre convention collective et votre acte existant, vous conseillons le mode adapté, rédigeons avec vous la DUE ou le projet référendaire et fournissons les modèles de récépissé, de dispense et de procès-verbal. Pour un accord collectif, nous travaillons avec votre conseil juridique. Le comparatif de plus de 30 assureurs est remis sous 48 h ouvrées, sans frais de courtage, et nos clients bénéficient d’un comité d’entreprise externalisé offert à leurs salariés.

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Pour aller plus loin

Sources consultées le 8 septembre 2026

Cette fiche a une vocation d’information générale. Elle ne constitue pas une consultation juridique et ne se substitue pas à l’analyse de votre convention collective et de vos actes. BL ASSUR, courtier en assurance immatriculé à l’ORIAS sous le n° 17 003 326.

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