Fiche conseil BL ASSUR, retraite des indépendants, chiffres 2026
Votre retraite d’auto-entrepreneur dépend de quatre choses : votre activité, le chiffre d’affaires que vous déclarez à l’Urssaf, votre durée d’assurance et votre âge de départ. Cette fiche explique simplement comment vos trimestres sont validés, comment votre pension est calculée et ce que vous toucherez, avec les règles 2026, des exemples chiffrés et un simulateur.
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La réponse en 30 secondes
- Vous validez vos trimestres avec votre chiffre d’affaires, pas avec vos heures. En 2026, il faut 24 115 € de CA en vente, 13 992 € en prestations de services (BIC), 10 850 € en activité libérale (BNC) ou 11 168 € à la Cipav pour valider 4 trimestres.
- Votre retraite de base vaut 50 % de votre revenu moyen, pas de votre CA. L’Urssaf retient environ 30 % du CA en vente, 52 % en prestations BIC et 66 % en libéral.
- Une partie de vos cotisations achète des points de retraite complémentaire. Au régime général (RCI), chaque point rapporte 1,347 € de pension par an en 2026 ; à la Cipav, le point de complémentaire vaut 2,89 €.
- Exemple : 30 000 € de CA par an en prestations de services pendant toute une carrière donnent environ 920 € brut par mois (base et complémentaire), portés à environ 1 180 € par le minimum contributif si vous partez à taux plein avec une carrière entièrement cotisée.
- Avec un CA modeste, c’est souvent le minimum contributif qui fixe votre retraite de base : de 756,29 € à 903,93 € par mois en 2026 selon votre durée cotisée, sous conditions (section 5). Pour garder votre niveau de vie, il faut épargner en plus, le plus tôt possible.
Sommaire
- Comment fonctionne la retraite d’un auto-entrepreneur
- Valider ses trimestres : les seuils de chiffre d’affaires 2026
- Simulateur : estimer ma retraite
- Où va votre cotisation : taux 2026 et part retraite
- Comment est calculée la retraite de base
- La retraite complémentaire par points
- Quelle retraite selon mon chiffre d’affaires : les simulations
- À quel âge partir, avec combien de trimestres
- Cas particuliers : salarié, retraité actif, Acre, CA nul
- Six leviers pour améliorer sa retraite
- Trois cas pratiques
- Check-list avant de se projeter
- Questions fréquentes
- Sources officielles
1. Comment fonctionne la retraite d’un auto-entrepreneur
Quand vous déclarez votre chiffre d’affaires, l’Urssaf prélève un pourcentage global : 12,3 %, 21,2 %, 25,6 % ou 23,2 % selon votre activité. Ce forfait est ensuite réparti entre la maladie, l’invalidité-décès, la CSG-CRDS et deux lignes retraite : la retraite de base et la retraite complémentaire. Vous ne cotisez donc pas « à part » pour votre retraite : elle est déjà comprise dans votre forfait.
Pas de CA, pas de retraite
Sans chiffre d’affaires, vous ne payez aucune cotisation et vous ne validez aucun trimestre pour la période. La déclaration reste obligatoire, même à 0 €. Après 24 mois (ou 8 trimestres) consécutifs sans CA, vous perdez le régime micro-social.
Votre CA n’est pas votre revenu
Pour calculer vos droits, l’Urssaf ramène votre chiffre d’affaires à un revenu : environ 30 % du CA en vente, 52 % en prestations de services BIC, 66 % en activité libérale. C’est ce revenu qui compte pour vos trimestres et votre pension.
Deux retraites, un seul prélèvement
La retraite de base se calcule avec vos trimestres et votre revenu moyen. La retraite complémentaire fonctionne par points. Les deux sont gérées par l’Assurance retraite, ou par la Cipav pour les professions libérales réglementées.
Qui gère votre retraite ? Cela dépend de votre activité
| Votre activité | Caisse de retraite | Retraite de base | Retraite complémentaire |
|---|---|---|---|
| Vente de marchandises, hébergement, restauration et prestations de services artisanales ou commerciales (BIC) | Assurance retraite (régime général des indépendants, ex-SSI) | En trimestres et revenu moyen, comme un salarié | RCI (régime complémentaire des indépendants), en points |
| Activité libérale non réglementée créée depuis 2018 : consultant, formateur, développeur, graphiste, coach, rédacteur (BNC) | Assurance retraite | En trimestres et revenu moyen | RCI, en points. Attention : aucun point n’a été acquis avant le 1er juillet 2024 (voir section 6) |
| Profession libérale réglementée : architecte, ingénieur-conseil, ostéopathe, psychologue, diététicien, moniteur de ski, guide-conférencier, expert automobile, artiste non affilié à la Maison des artistes (liste complète sur Service-Public) | Cipav | En points (régime de base des professions libérales) | En points, régime complémentaire de la Cipav |
| Libéral créé avant 2018 et resté à la Cipav (sauf option exercée pour le régime général) | Cipav | En points | En points |
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Source : Service-Public, fiche F23369 « Régime de retraite du micro-entrepreneur », vérifiée le 1er avril 2026 ; vérification BL ASSUR du 5 octobre 2026.
Vous êtes artisan ou commerçant au régime réel plutôt qu’en micro-entreprise ? Le calcul est le même, mais vos cotisations et vos points se calculent sur votre bénéfice : voir notre fiche retraite des artisans et commerçants.
2. Valider ses trimestres : les seuils de chiffre d’affaires 2026
Un trimestre est validé quand votre revenu cotisé atteint 150 fois le SMIC horaire en vigueur au 1er janvier, soit 1 803 € en 2026. Quatre trimestres demandent donc 7 212 € de revenu cotisé sur l’année civile, quel que soit le nombre de mois travaillés. Comme l’Urssaf part de votre chiffre d’affaires, le seuil à atteindre dépend de votre activité.
| Activité (chiffre d’affaires annuel) | 1 trimestre | 2 trimestres | 3 trimestres | 4 trimestres |
|---|---|---|---|---|
| Vente de marchandises, hébergement, restauration BIC, abattement 71 % | 6 029 € | 12 058 € | 18 087 € | 24 115 € |
| Prestations de services artisanales et commerciales BIC, abattement 50 % | 3 498 € | 6 996 € | 10 494 € | 13 992 € |
| Activité libérale non réglementée, régime général BNC, abattement 34 % | 2 713 € | 5 425 € | 8 138 € | 10 850 € |
| Profession libérale réglementée Cipav, seuils officiels Service-Public | 2 792 € | 5 584 € | 8 376 € | 11 168 € |
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Seuils du régime général calculés par BL ASSUR avec la méthode officielle (circulaire Cnav 2026-12 du 7 avril 2026 et fiche F23369 de Service-Public, paramètres 2026), arrondis à l’euro supérieur ; seuils Cipav publiés par Service-Public. Vérifié le 5 octobre 2026. Les sites qui affichent encore 24 579 € ou 14 256 € reprennent les seuils 2025.
Comment l’Urssaf passe de votre CA à vos trimestres
Prenons l’exemple officiel d’un auto-entrepreneur en prestations de services (BIC) qui déclare 12 100 € de chiffre d’affaires en 2026.
- Le forfait de cotisations. 12 100 € × 21,2 % = 2 565 € de cotisations et contributions sociales sur l’année.
- La part réservée à la retraite de base. 43,45 % de ce forfait, soit 1 115 €.
- Le revenu cotisé. 1 115 € ÷ 17,87 % (le taux de cotisation retraite d’un indépendant classique) = 6 237 € de revenu cotisé.
- Les trimestres. 6 237 € ÷ 1 803 € = 3,46, arrondi à l’entier inférieur : 3 trimestres validés. Avec 13 992 € de CA, il en aurait validé 4.
4 trimestres maximum
Même avec 80 000 € de CA, vous ne validez pas plus de 4 trimestres par année civile. Si vous êtes aussi salarié, le total reste plafonné à 4 trimestres par an, tous régimes confondus.
L’Acre ne réduit pas vos droits
Pendant l’Acre, vous payez moins de cotisations, mais l’Assurance retraite calcule vos trimestres et vos points comme si vous aviez payé le taux plein. Vos droits sont intacts.
Seules les cotisations payées comptent
Les droits sont calculés sur le forfait effectivement réglé. Un impayé Urssaf réduit vos trimestres et vos points pour l’année concernée. Régularisez-le, vos droits seront recalculés.
3. Simulateur : estimer ma retraite d’auto-entrepreneur
Indiquez votre activité, votre chiffre d’affaires annuel moyen et votre horizon. Le simulateur applique les règles 2026 décrites dans cette fiche : trimestres, revenu retenu, retraite de base, minimum contributif et points de retraite complémentaire. Les montants sont bruts, en euros constants 2026, et donnent un ordre de grandeur, pas un droit.
Résultat de l’estimation
Le simulateur se prépare. Si aucun résultat ne s’affiche, rechargez la page ou consultez votre relevé sur info-retraite.fr.
- Si vous partez à l’âge légal avec des trimestres manquants —
- Part de votre revenu après cotisations sociales couverte par cette retraite (indicatif) —
- Points de retraite complémentaire acquis par an —
Hypothèses : règles 2026 maintenues (SMIC, PASS, valeur du point), vos 25 meilleures années au niveau de ce CA, montants bruts avant CSG-CRDS, surcote et majorations pour enfants non comptées. Décote limitée au nombre de trimestres qui vous séparent de 67 ans ; complémentaire minorée de 1 % par trimestre manquant (1,25 % au-delà de 12). Points arrondis à l’entier le plus proche, comme dans les exemples de la Cnav. Pour la Cipav, seule la complémentaire est estimée. Seule votre caisse de retraite calcule un droit définitif.
4. Où va votre cotisation : taux 2026 et part retraite
Le taux global dépend de votre activité. Depuis le 1er janvier 2026, une part plus grande de ce forfait est affectée à la retraite, et une part plus petite à la CSG-CRDS, qui ne crée aucun droit. Voici ce que chaque activité consacre réellement à la retraite.
| Activité | Taux global 2026 | Part retraite de base | Part retraite complémentaire | Retraite en % du CA (base + complémentaire) |
|---|---|---|---|---|
| Vente de marchandises, hébergement, restauration (BIC) | 12,3 % | 43,45 % | 19,75 % | 5,3 % + 2,4 % = 7,8 % |
| Prestations de services artisanales et commerciales (BIC) | 21,2 % | 43,45 % | 19,75 % | 9,2 % + 4,2 % = 13,4 % |
| Activité libérale non réglementée (BNC, régime général) | 25,6 % | 46,40 % | 21,00 % | 11,9 % + 5,4 % = 17,3 % |
| Profession libérale réglementée (Cipav) | 23,2 % | 29,50 % | 30,70 % | 6,8 % + 7,1 % = 13,9 % |
| Location de meublés de tourisme classés | 6 % | 50,20 % | 18,60 % | 3,0 % + 1,1 % = 4,1 % |
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Clés de répartition 2026 : circulaire Cnav 2026-12 du 7 avril 2026 (régime général) et Service-Public F23369 (Cipav). Taux hors contribution à la formation professionnelle (0,1 à 0,3 % du CA) et hors versement libératoire de l’impôt sur le revenu, qui n’ouvre aucun droit.
Sur 100 € de cotisations, ce qui sert à votre retraite
Pour une activité de prestations de services BIC (clé identique pour la vente) :
Maladie-maternité 10,05 € et invalidité-décès 3,15 € regroupés. Pour une activité libérale BNC du régime général : retraite de base 46,40 €, complémentaire 21 €, maladie-maternité 4,10 €, invalidité-décès 3,30 €, CSG-CRDS 25,20 €.
Pourquoi le taux des libéraux est passé de 21,1 % à 25,6 %
Jusqu’en juin 2024, le forfait des auto-entrepreneurs libéraux du régime général ne finançait aucune retraite complémentaire. Le Conseil d’État a annulé cette répartition le 9 février 2024. Le décret du 30 mai 2024 a donc relevé le taux par paliers : 23,1 % au 1er juillet 2024, 24,6 % en 2025, puis 25,6 % en 2026 (le décret du 8 septembre 2025 a ramené la dernière marche, prévue à 26,1 %, à 25,6 %). En contrepartie, 21 % du forfait achète désormais des points de retraite complémentaire.
Acre : moins de cotisations, mêmes droits
Pendant le trimestre de création et les trois suivants, les créateurs éligibles à l’Acre paient un taux réduit : moitié du taux plein pour les créations jusqu’au 30 juin 2026 (6,2 %, 10,6 %, 12,8 %, 11,6 % à la Cipav), trois quarts du taux plein pour les créations à partir du 1er juillet 2026 (9,3 %, 15,9 %, 19,2 %, 17,4 %). Cette réduction est neutralisée par l’Assurance retraite : vos trimestres et vos points sont calculés sur le taux plein.
5. Comment est calculée la retraite de base
Pour un auto-entrepreneur du régime général, le calcul est exactement celui d’un salarié du privé. Trois éléments entrent en jeu : votre revenu moyen, un taux et un prorata de trimestres.
Le revenu annuel moyen
C’est la moyenne de vos 25 meilleures années de revenus retenus, revalorisés (24 ou 23 années pour les parents qui bénéficient d’une majoration de durée d’assurance pour un ou plusieurs enfants, pour les retraites prenant effet depuis le 1er septembre 2026). Vos années de salarié et vos années de micro-entreprise se mélangent dans ce calcul. Chaque année est plafonnée au plafond de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026). Au-delà, le CA ne rapporte plus rien pour la base.
Le taux
Il vaut 50 % si vous avez tous vos trimestres ou si vous partez à 67 ans. Sinon, il baisse de 0,625 point par trimestre manquant. Le nombre retenu est le plus petit entre les trimestres qui manquent pour la durée requise et ceux qui vous séparent de 67 ans, dans la limite de 20 : à 64 ans, la décote ne peut pas dépasser 12 trimestres, soit un taux de 42,5 %. Chaque trimestre travaillé au-delà du taux plein majore au contraire la pension de 1,25 % (surcote).
Le prorata de trimestres
Votre pension est proportionnelle à votre durée : 172 trimestres pour une personne née à partir de 1966. Avec 129 trimestres sur 172, vous touchez 75 % de la pension d’une carrière complète, en plus de la décote éventuelle.
Exemple simple : Léa, graphiste, 30 000 € de CA par an
- Revenu retenu. 30 000 € × 25,6 % × 46,40 % ÷ 17,87 % = 19 941 € par an, soit environ 66 % de son CA.
- Carrière complète à ce niveau. Revenu annuel moyen de 19 941 €, taux de 50 %, 172 trimestres sur 172 : 19 941 € × 50 % = 9 971 € par an.
- Retraite de base mensuelle. 9 971 € ÷ 12 = 831 € brut par mois, avant la retraite complémentaire (voir section 6).
Le minimum contributif, filet de sécurité des petits chiffres d’affaires
Si vous partez à taux plein (tous vos trimestres, ou 67 ans), votre retraite de base du régime général ne peut pas descendre sous un plancher appelé minimum contributif. En 2026, il vaut 756,29 € par mois pour une carrière complète. Une majoration s’y ajoute à partir de 120 trimestres cotisés, proportionnelle à votre durée cotisée : jusqu’à 147,64 €, soit 903,93 € par mois pour une carrière entièrement cotisée. Les trimestres de micro-entreprise comptent comme cotisés ; le chômage, la maladie ou les trimestres pour enfants comptent pour la durée, pas pour la majoration.
Trois conditions : partir à taux plein, avoir demandé toutes vos retraites (base et complémentaires, tous régimes), et un total de pensions inférieur à 1 444,89 € par mois (plafond en vigueur depuis le 1er juin 2026). Au-delà, le minimum est réduit d’autant. Il est proratisé si votre carrière est incomplète. Il ne concerne pas la Cipav.
Exemple : Karim vend des produits en ligne avec 30 000 € de CA par an. Son revenu retenu n’est que de 8 972 € (30 % du CA). Sa retraite de base calculée vaut 374 € par mois. S’il part à taux plein avec 172 trimestres tous cotisés, elle est portée à 903,93 €. Avec 172 trimestres dont 100 seulement cotisés, elle serait portée à 756,29 €, sans majoration.
Les autres règles à connaître
- Pension de base maximale : 50 % du plafond de la Sécurité sociale, soit 2 002,50 € brut par mois en 2026.
- Enfants : 8 trimestres par enfant pour la mère, partageables avec le père pour les enfants nés depuis 2010 (voir notre fiche sur les trimestres retraite du père), 10 % de majoration de pension à partir de trois enfants, et depuis le 1er septembre 2026 un revenu annuel moyen calculé sur 24 années (un enfant) ou 23 années (deux enfants et plus) pour les parents qui bénéficient de ces trimestres (décret n° 2026-699 du 29 juillet 2026).
- Revalorisation : les pensions de base ont été revalorisées de 0,9 % au 1er janvier 2026.
- Prélèvements : les montants de cette fiche sont bruts. La CSG, la CRDS et la Casa sont prélevées selon votre revenu fiscal.
6. La retraite complémentaire par points
La part « retraite complémentaire » de votre forfait achète des points chaque année. À la retraite, vos points sont multipliés par la valeur du point de l’année de départ. Plus vous déclarez de CA, plus vous achetez de points.
Exemple : prestations de services, 30 000 € de CA
- Cotisation complémentaire. 30 000 € × 21,2 % × 19,75 % = 1 256 € sur l’année.
- Points acquis. 1 256 € ÷ 21,726 € = 57,8, soit 58 points pour cette année (arrondi à l’entier le plus proche dans les exemples de la Cnav ; la fiche Service-Public arrondit à l’entier inférieur, l’écart est d’un point au plus).
- Pension correspondante. 58 points × 1,347 € = 78 € par an pour une année de travail. Sur 43 ans au même niveau : 2 494 points, soit 3 359 € par an, 280 € brut par mois.
En activité libérale BNC du régime général, le même CA de 30 000 € achète 74 points par an (30 000 € × 25,6 % × 21 % = 1 613 €), soit 357 € par mois après 43 ans. La complémentaire représente ainsi entre un quart et un tiers de la retraite totale d’un auto-entrepreneur.
Libéraux non réglementés : aucun point avant juillet 2024
Si vous exercez une activité libérale BNC rattachée à l’Assurance retraite (consultant, formateur, développeur, graphiste, coach…), vos années de 2018 au 30 juin 2024 n’ont généré aucun point de retraite complémentaire : le forfait de 22 % puis 21,1 % ne la finançait pas. Depuis le 1er juillet 2024, la part complémentaire est montée par paliers : 7,85 % du forfait au second semestre 2024, 13 % en 2025, 21 % en 2026.
Conséquence pratique : sur votre relevé de carrière, ces années affichent des trimestres mais peu ou pas de points. C’est normal, mais c’est à anticiper dans votre épargne.
À la Cipav : deux régimes en points
Pour les professions libérales réglementées, la retraite de base de la Cnavpl et la complémentaire de la Cipav fonctionnent toutes les deux par points. En 2026, un point de base vaut 0,6599 € par an et un point de complémentaire 2,89 €. Vous obtenez un point de complémentaire pour 47,40 € cotisés : avec 30 000 € de CA, 30 000 € × 23,2 % × 30,70 % = 2 137 €, soit 45 points, donc 130 € de pension annuelle acquis pour cette seule année. Le relevé de points est consultable sur lacipav.fr.
Bon à savoir : la retraite complémentaire suit le sort de la retraite de base. Une base liquidée avec décote entraîne une minoration de la complémentaire RCI : 1 % par trimestre manquant jusqu’à 12 trimestres, 1,25 % par trimestre au-delà.
7. Quelle retraite selon mon chiffre d’affaires : les simulations 2026
Les tableaux ci-dessous appliquent la méthode officielle à un chiffre d’affaires constant, exprimé en euros 2026, pendant 43 ans, avec un départ à taux plein (tous les trimestres, ou 67 ans). Ils montrent une chose que l’on oublie souvent : en dessous d’un certain CA, c’est le minimum contributif qui fixe la retraite de base, à condition de partir à taux plein.
Prestations de services artisanales et commerciales (BIC, taux 21,2 %)
| CA annuel | Trimestres par an | Revenu retenu | Base calculée | Base avec minimum contributif | Complémentaire (43 ans) | Total brut par mois |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 10 000 € (carrière incomplète : 86 trimestres, départ à 67 ans) | 2 | 5 155 € | 107 € | 378 € | 92 € | 470 € |
| 15 000 € | 4 | 7 732 € | 322 € | 904 € | 140 € | 1 044 € |
| 20 000 € | 4 | 10 309 € | 430 € | 904 € | 188 € | 1 092 € |
| 30 000 € | 4 | 15 464 € | 644 € | 904 € | 280 € | 1 184 € |
| 40 000 € | 4 | 20 619 € | 859 € | 904 € | 372 € | 1 276 € |
| 50 000 € | 4 | 25 773 € | 1 074 € | inchangée | 463 € | 1 537 € |
| 70 000 € | 4 | 36 083 € | 1 503 € | inchangée | 652 € | 2 155 € |
| 83 600 € | 4 | 43 093 € | 1 796 € | inchangée | 777 € | 2 573 € |
Activité libérale non réglementée (BNC régime général, taux 25,6 %)
| CA annuel | Trimestres par an | Revenu retenu | Base calculée | Base avec minimum contributif | Complémentaire (43 ans) | Total brut par mois |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 8 000 € (carrière incomplète : 86 trimestres, départ à 67 ans) | 2 | 5 318 € | 111 € | 378 € | 97 € | 475 € |
| 15 000 € | 4 | 9 971 € | 415 € | 904 € | 179 € | 1 083 € |
| 20 000 € | 4 | 13 294 € | 554 € | 904 € | 237 € | 1 140 € |
| 30 000 € | 4 | 19 941 € | 831 € | 904 € | 357 € | 1 261 € |
| 40 000 € | 4 | 26 588 € | 1 108 € | inchangée | 478 € | 1 586 € |
| 50 000 € | 4 | 33 236 € | 1 385 € | inchangée | 599 € | 1 983 € |
| 70 000 € | 4 | 46 530 € | 1 939 € | inchangée | 835 € | 2 774 € |
| 83 600 € | 4 | 55 570 € | 2 002 € | inchangée | 999 € | 3 002 € |
Vente de marchandises, hébergement, restauration (BIC, taux 12,3 %)
| CA annuel | Trimestres par an | Revenu retenu | Base calculée | Base avec minimum contributif | Complémentaire (43 ans) | Total brut par mois |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 15 000 € (carrière incomplète : 86 trimestres, départ à 67 ans) | 2 | 4 486 € | 93 € | 378 € | 82 € | 460 € |
| 30 000 € | 4 | 8 972 € | 374 € | 904 € | 164 € | 1 068 € |
| 50 000 € | 4 | 14 953 € | 623 € | 904 € | 270 € | 1 174 € |
| 80 000 € | 4 | 23 925 € | 997 € | inchangée | 430 € | 1 426 € |
| 120 000 € | 4 | 35 888 € | 1 495 € | inchangée | 647 € | 2 142 € |
| 160 000 € | 4 | 47 851 € | 1 994 € | inchangée | 864 € | 2 858 € |
| 203 100 € | 4 | 60 741 € | 2 002 € | inchangée | 1 096 € | 3 098 € |
Faites défiler les tableaux vers la droite sur mobile.
Calculs BL ASSUR du 5 octobre 2026 : revenu retenu = CA × taux global × part retraite de base ÷ 17,87 % ; base = revenu plafonné à 48 060 € × 50 % × trimestres validés ÷ 172 ; minimum contributif de 756,29 € proratisé, majoration de 147,64 € proportionnelle à la durée cotisée à partir de 120 trimestres cotisés (903,93 € pour 172 trimestres tous cotisés), plafond de 1 444,89 € de pensions totales ; complémentaire = points annuels (cotisation ÷ 21,726 €, arrondi au plus proche) × 43 × 1,347 €. Les lignes à 2 ou 3 trimestres par an supposent un départ à 67 ans avec une carrière incomplète. Montants bruts, en euros 2026, arrondis, hors pensions d’autres régimes.
Ce qu’il faut retenir
Jusqu’à environ 40 000 € de CA en prestations de services, 30 000 € en libéral et 70 000 € en vente, la retraite de base d’une carrière entièrement cotisée est portée au minimum contributif : entre 1 000 et 1 300 € brut par mois au total avec la complémentaire. Au-dessus, chaque tranche de CA compte, jusqu’au plafond de 2 002,50 € de base.
Comparé à votre revenu d’aujourd’hui
Avec 30 000 € de CA en prestations de services, il vous reste environ 1 970 € par mois après cotisations sociales, avant impôt et frais professionnels. Une retraite de 1 180 € brut en couvre 60 %. Le reste doit venir d’une épargne ou d’un patrimoine.
Le vrai risque : les années à trous
Une année sous le seuil des 4 trimestres, un arrêt de travail long ou des impayés Urssaf font baisser le prorata et peuvent faire perdre le taux plein. Un arrêt indemnisé par la CPAM peut donner des trimestres assimilés ; une prévoyance compense la perte de revenu, mais ne crée pas de droits à la retraite.
8. À quel âge partir, avec combien de trimestres
Deux conditions se combinent : un âge légal, en dessous duquel vous ne pouvez pas partir (sauf carrière longue), et une durée d’assurance, sans laquelle la pension subit une décote. À 67 ans, le taux plein est automatique, même s’il manque des trimestres. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a suspendu la montée en charge de la réforme de 2023 : l’âge légal reste à 62 ans et 9 mois et la durée à 170 trimestres pour les personnes nées entre 1964 et le 31 mars 1965, puis la progression reprend avec un décalage.
| Année de naissance | Âge légal de départ | Trimestres requis pour le taux plein | Taux plein automatique |
|---|---|---|---|
| 1er janvier au 31 août 1961 | 62 ans | 168 | 67 ans |
| 1er septembre au 31 décembre 1961 | 62 ans et 3 mois | 169 | 67 ans |
| 1962 | 62 ans et 6 mois | 169 | 67 ans |
| 1963 | 62 ans et 9 mois | 170 | 67 ans |
| 1964 | 62 ans et 9 mois | 170 | 67 ans |
| 1er janvier au 31 mars 1965 | 62 ans et 9 mois | 170 | 67 ans |
| 1er avril au 31 décembre 1965 | 63 ans | 171 | 67 ans |
| 1966 | 63 ans et 3 mois | 172 | 67 ans |
| 1967 | 63 ans et 6 mois | 172 | 67 ans |
| 1968 | 63 ans et 9 mois | 172 | 67 ans |
| 1969 et après | 64 ans | 172 | 67 ans |
Faites défiler le tableau vers la droite sur mobile.
Source : Service-Public, fiche F23369 vérifiée le 1er avril 2026, après la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026). Vérifié par BL ASSUR le 5 octobre 2026.
Carrière longue
Si vous avez commencé à travailler avant 16, 18, 20 ou 21 ans et validé assez de trimestres cotisés, vous pouvez partir avant l’âge légal. Les trimestres d’auto-entrepreneur comptent comme des trimestres cotisés.
Retraite progressive dès 60 ans
Depuis le 1er septembre 2025, un indépendant peut, dès 60 ans et avec 150 trimestres, toucher une fraction de sa retraite tout en continuant son activité, à condition de réduire son revenu de 20 à 60 % par rapport à la moyenne des cinq années précédentes.
Partir plus tard
Chaque trimestre travaillé au-delà de l’âge légal et de la durée requise ajoute 1,25 % à la pension de base. Pour un auto-entrepreneur avec un petit CA, rester un an de plus sert surtout à compléter les trimestres manquants.
9. Cas particuliers : salarié, retraité actif, Acre, CA nul
Salarié et auto-entrepreneur en même temps
Vos salaires et votre revenu retenu de micro-entrepreneur s’additionnent dans le calcul du revenu annuel moyen, puisque les deux relèvent de régimes alignés. Un emploi à temps partiel complété par une micro-entreprise augmente donc votre future pension de base. En revanche, vous ne validez jamais plus de 4 trimestres par an au total. Pour la complémentaire, vous cumulez des points Agirc-Arrco et des points RCI.
Retraité et auto-entrepreneur : le cumul emploi-retraite
Vous pouvez créer ou poursuivre une micro-entreprise à la retraite. Vos cotisations restent dues sur le CA. Deux situations :
- Cumul intégral (âge légal atteint, taux plein et toutes vos pensions liquidées) : aucun plafond de revenu, et depuis le 1er septembre 2023 vos cotisations ouvrent droit à une seconde pension, dont la part de base est plafonnée à 5 % du PASS, soit 2 403 € par an en 2026.
- Cumul plafonné (une condition manque) : pour un artisan, un commerçant ou un libéral du régime général, le revenu professionnel de l’activité reprise (votre CA après abattement) ne doit pas dépasser 24 030 € par an, la moitié du plafond de la Sécurité sociale (48 060 € en zone France ruralités revitalisation, et 48 060 € à la Cnavpl pour les professions libérales réglementées). Au-delà, la pension est suspendue pour une durée proportionnelle au dépassement, et les cotisations ne créent aucun droit nouveau (articles L. 634-6 et D. 634-11-2 du Code de la sécurité sociale).
Ces règles valent pour une première retraite prenant effet avant le 1er janvier 2027. La LFSS 2026 a prévu de nouvelles conditions, par paliers d’âge, pour les retraites prenant effet à partir de cette date : faites vérifier les règles applicables au moment de votre départ.
Acre, versement libératoire, impayés
- Acre : le taux réduit n’enlève rien à vos trimestres ni à vos points, calculés sur le taux plein.
- Versement libératoire de l’impôt sur le revenu : ce prélèvement supplémentaire (1 %, 1,7 % ou 2,2 % du CA) est un impôt, il ne crée aucun droit à la retraite.
- Cotisations impayées : seules les cotisations réglées ouvrent des droits. Un échéancier avec l’Urssaf vaut mieux qu’un trimestre perdu.
Année sans chiffre d’affaires
Une année à 0 € ne valide aucun trimestre, même si vous avez travaillé pour trouver des clients. Pour rattraper une année incomplète, vous pouvez racheter des trimestres (section 10) ou compter sur des périodes assimilées : chômage indemnisé, service national, trimestres pour enfants, et arrêt maladie indemnisé par la CPAM (sous conditions, un trimestre par période de 60 jours d’indemnités journalières). Les indemnités d’une prévoyance privée, elles, ne créent aucun trimestre : voir notre fiche sur l’arrêt de travail de l’auto-entrepreneur.
Conjoint collaborateur et meublés de tourisme
Le conjoint collaborateur d’un micro-entrepreneur cotise sur 58 % de l’assiette choisie, avec les mêmes clés de répartition, et valide ses propres trimestres et ses propres points. Le loueur de meublés de tourisme classés paie 6 % de cotisations seulement au-delà de 23 000 € de recettes : en dessous, il n’acquiert aucun droit à la retraite au titre de cette activité.
10. Six leviers pour améliorer sa retraite d’auto-entrepreneur
Les trois premiers leviers ne coûtent rien et sécurisent vos droits obligatoires. Les trois suivants construisent le complément dont presque tous les auto-entrepreneurs ont besoin.
1. Viser le seuil des 4 trimestres chaque année
C’est l’objectif minimal : 24 115 € de CA en vente, 13 992 € en prestations BIC, 10 850 € en libéral, 11 168 € à la Cipav en 2026. Un contrat de plus en décembre peut faire la différence entre 3 et 4 trimestres.
2. Déclarer et payer sans trou
Déclarez même à 0 €, réglez vos échéances, demandez un étalement en cas de difficulté. Les droits sont calculés sur ce qui est effectivement payé.
3. Contrôler son relevé de carrière chaque année
Sur info-retraite.fr, vérifiez que chaque année de micro-entreprise affiche ses trimestres et ses points. Les libéraux du régime général doivent s’attendre à peu de points avant 2025. Signalez toute année manquante sans attendre la retraite.
4. Racheter des trimestres, au bon moment
Le versement pour la retraite permet de racheter jusqu’à 12 trimestres (années d’études ou années incomplètes). Le barème de 2013 s’applique encore en 2026 : de l’ordre de 1 000 € à plus de 6 000 € par trimestre selon l’âge, le revenu et l’option choisie. Faites chiffrer le gain avant de payer, et faites confirmer la déductibilité fiscale en micro-entreprise.
5. Épargner avec un PER individuel
Les versements sont déductibles de votre revenu imposable dans la limite de 10 % de vos revenus professionnels (le CA après abattement), avec un minimum de 4 710 € en 2026. En micro-entreprise, la déduction « Madelin » des indépendants au réel ne s’applique pas : c’est ce plafond général qui compte. Sortie en capital ou en rente à la retraite.
6. Protéger son revenu en cas d’arrêt
Un arrêt de travail de plusieurs mois met le CA à zéro, donc les cotisations aussi. Une prévoyance d’indépendant compense cette perte de revenu et vous permet de continuer à épargner ; elle ne crée pas de droits à la retraite, qui dépendent des cotisations versées et des périodes assimilées reconnues par votre régime. L’assurance-vie et l’immobilier complètent le PER avec plus de souplesse.
Ordre de grandeur : 150 € par mois placés pendant 30 ans à 3 % par an représentent environ 87 000 € de capital, soit 300 à 400 € de revenu mensuel pendant 25 ans selon le rendement. Plus l’épargne commence tôt, plus l’effort mensuel est faible.
11. Trois cas pratiques
Situations types fictives, calculées avec les règles 2026 et des revenus constants en euros 2026. Elles montrent les trois questions qui reviennent à chaque rendez-vous : combien de trimestres, quelle base, quel complément.
Léa, 34 ans, graphiste en micro-entreprise depuis 2019
Activité libérale BNC du régime général, 30 000 € de CA par an, cinq années de salariat avant (20 trimestres), née en 1992.
Trimestres. Avec 30 000 € de CA, elle valide 4 trimestres chaque année. À 64 ans, elle en aura 20 + 37 × 4 = 168 sur 172 : il lui manquera 4 trimestres. Elle peut partir à 65 ans avec le taux plein, ou à 64 ans avec une décote de 2,5 points (taux de 47,5 %) et un prorata de 168/172.
Retraite de base. Revenu retenu de 19 941 € par an. À taux plein : 19 941 € × 50 % = 9 971 € par an, soit 831 € par mois, portés à 903,93 € par le minimum contributif (172 trimestres tous cotisés, pensions totales sous 1 444,89 €).
Complémentaire. Ses années 2019 à mi-2024 n’ont donné aucun point. Puis 13 points au second semestre 2024, 45 points en 2025, et 74 points par an à partir de 2026. En partant à 65 ans : environ 2 350 points, soit 3 170 € par an, 264 € par mois.
Au total : environ 1 170 € brut par mois, pour un revenu d’activité d’environ 1 860 € par mois après cotisations. Les cinq années et demie sans point lui coûtent environ 45 € de pension mensuelle. Son levier : un PER à 150 € par mois dès maintenant, et une prévoyance pour que ses trimestres ne dépendent pas de sa santé.
Karim, 45 ans, boutique en ligne
Vente de marchandises (BIC), 60 000 € de CA par an, salarié de 2003 à 2013 (40 trimestres), micro-entrepreneur depuis 2013, né en 1981.
Trimestres. Son revenu retenu est de 17 944 € (30 % du CA) : 4 trimestres par an sans difficulté. À 64 ans, en 2045, il aura 40 + 32 × 4 = 168 trimestres sur 172. Trois choix : partir à 65 ans, racheter 4 trimestres, ou accepter une décote.
Retraite de base. 17 944 € × 50 % = 8 972 € par an, soit 748 € par mois. À taux plein, avec une carrière entièrement cotisée, le minimum contributif la porte à 903,93 €. Sans taux plein, pas de minimum contributif : la décote s’ajoute au prorata, et sa complémentaire est minorée de 1 % par trimestre manquant.
Complémentaire. En 2026, 60 000 € × 12,3 % × 19,75 % = 1 458 € de cotisation, soit 67 points par an. Sur l’ensemble de sa carrière de micro-entrepreneur, environ 2 150 points, soit 241 € par mois, auxquels s’ajoutent ses points Agirc-Arrco de salarié.
Ce que Karim retient : avec 60 000 € de CA, sa retraite obligatoire tourne autour de 1 150 € brut par mois, avant ses points Agirc-Arrco de salarié. Le minimum contributif y est pour beaucoup, et il suppose le taux plein. Une seule année manquée fait tout basculer : il part sur 65 ans et ouvre un PER.
Nathalie, 52 ans, salariée à 60 % et coach en micro-entreprise
Salaire de 1 800 € brut par mois (21 600 € par an) et activité libérale BNC de 15 000 € de CA, née en 1974, carrière complète prévue à 64 ans.
Trimestres. Son salaire valide déjà 4 trimestres par an. Sa micro-entreprise n’en ajoute aucun : le plafond de 4 trimestres vaut pour l’ensemble de ses activités.
Retraite de base. Le revenu retenu de sa micro-entreprise, 9 971 € par an, s’ajoute à son salaire dans le calcul du revenu annuel moyen. Sur ses 25 meilleures années, 12 comporteront cette activité : son revenu moyen passe d’environ 21 600 € à 26 400 €, et sa retraite de base de 900 € à environ 1 100 € par mois.
Complémentaire. 15 000 € × 25,6 % × 21 % = 806 € de cotisation, soit 37 points par an ; en 12 ans, 444 points, soit 50 € par mois en plus de ses points Agirc-Arrco.
Ce que Nathalie retient : son activité complémentaire lui rapporte environ 250 € brut de retraite mensuelle supplémentaire, sans valider un seul trimestre de plus. Une micro-entreprise en complément d’un emploi améliore le revenu moyen, pas la durée.
12. Check-list avant de se projeter
- Je connais le seuil de CA qui me donne 4 trimestres cette année (tableau de la section 2).
- Je déclare mon chiffre d’affaires à chaque échéance, même à 0 €, et mes cotisations sont payées.
- Je sais si je relève de l’Assurance retraite ou de la Cipav, et donc comment mes droits sont calculés.
- J’ai créé mon compte sur info-retraite.fr et vérifié que chaque année de micro-entreprise affiche ses trimestres et ses points.
- Je connais mon âge légal et le nombre de trimestres requis pour ma génération.
- J’ai une estimation de ma pension (simulateur de cette fiche, puis service « Mon estimation retraite » sur info-retraite.fr).
- Je sais quelle part de mon revenu actuel ma retraite obligatoire couvrira.
- J’ai mis en place un complément (PER, assurance-vie) et une prévoyance qui maintient mon revenu en cas d’arrêt de travail.
13. Questions fréquentes sur la retraite des auto-entrepreneurs
Cotisations et trimestres
Un auto-entrepreneur cotise-t-il vraiment pour sa retraite ?
Oui. Le forfait prélevé sur votre chiffre d’affaires comprend une part de retraite de base (43,45 % du forfait en BIC, 46,40 % en BNC) et une part de retraite complémentaire (19,75 % en BIC, 21 % en BNC). Vous validez des trimestres et vous achetez des points, exactement comme un indépendant classique à revenu égal.
Quel chiffre d’affaires faut-il pour valider 4 trimestres en 2026 ?
Au régime général : 24 115 € en vente de marchandises, 13 992 € en prestations de services BIC, 10 850 € en activité libérale BNC. À la Cipav : 11 168 €. Chaque tranche d’un quart de ces montants valide un trimestre, dans la limite de 4 par an.
Je n’ai fait aucun chiffre d’affaires cette année : est-ce que je valide des trimestres ?
Non. Sans CA, il n’y a ni cotisation ni trimestre, et le régime micro n’a pas de cotisation minimale. Déclarez quand même vos périodes à 0 €, sinon vous risquez des pénalités puis la perte du régime micro-social après 24 mois sans CA. Une année à trou peut être rachetée plus tard.
Est-ce que l’Acre réduit mes droits à la retraite ?
Non. L’Assurance retraite neutralise la réduction : vos trimestres et vos points sont calculés sur le forfait que vous auriez payé sans l’Acre. Payer moins de cotisations la première année ne diminue pas votre retraite.
Les cotisations impayées comptent-elles pour la retraite ?
Non. Les droits sont calculés sur le forfait effectivement réglé. Si vous payez 180 € sur 246 € dus, vos trimestres et vos points sont calculés sur 180 €. Un échéancier Urssaf permet de régulariser et de récupérer les droits.
Le versement libératoire de l’impôt sur le revenu change-t-il ma retraite ?
Non. Le versement libératoire (1 %, 1,7 % ou 2,2 % du CA selon l’activité) est un impôt prélevé en même temps que les cotisations. Il ne crée aucun droit à la retraite et n’entre pas dans le calcul des trimestres ni des points.
Montant de la pension
Quel sera le montant de ma retraite avec 20 000 € de chiffre d’affaires par an ?
Pour une carrière complète à ce niveau et un départ à taux plein : en prestations de services BIC, revenu retenu de 10 309 €, retraite de base calculée à 430 € par mois puis portée au minimum contributif (903,93 € pour 172 trimestres tous cotisés), et 39 points par an, soit 188 € de complémentaire : environ 1 090 € brut par mois. En activité libérale BNC : revenu retenu de 13 294 €, base calculée à 554 € portée à 903,93 €, 49 points par an, soit 237 € de complémentaire : environ 1 140 € brut par mois. Sans taux plein, le minimum contributif disparaît et la pension est bien plus basse.
Comment est calculée la retraite complémentaire d’un auto-entrepreneur ?
Chaque année, la part complémentaire de votre forfait est divisée par le prix du point (21,726 € en 2026). À la retraite, vos points sont multipliés par la valeur de service du point de l’année de départ (1,347 € en 2026). Avec 30 000 € de CA en prestations de services, vous achetez 58 points par an, soit 78 € de pension annuelle par année travaillée.
Pourquoi mon relevé n’affiche-t-il aucun point de complémentaire pour mes années en libéral ?
Parce que, jusqu’au 30 juin 2024, le forfait des micro-entrepreneurs libéraux du régime général ne finançait pas de retraite complémentaire. Le Conseil d’État a annulé cette répartition en février 2024 et le taux a été relevé par paliers jusqu’à 25,6 % en 2026. Les points s’accumulent depuis le 1er juillet 2024 ; les années antérieures restent sans point.
Qu’est-ce que le minimum contributif et y ai-je droit ?
C’est le plancher de la retraite de base du régime général pour une personne qui part à taux plein et qui a demandé toutes ses retraites : 756,29 € par mois en 2026 pour une carrière complète, plus une majoration proportionnelle à la durée cotisée à partir de 120 trimestres cotisés, jusqu’à 903,93 € au total pour une carrière entièrement cotisée. Le tout est proratisé si la carrière est incomplète, et réduit si le total de vos pensions (base et complémentaires, tous régimes) dépasse 1 444,89 € par mois. Beaucoup d’auto-entrepreneurs à CA modeste en bénéficient. Il ne concerne pas les affiliés de la Cipav.
Quelle différence entre le régime général (ex-SSI) et la Cipav ?
Au régime général, la retraite de base se calcule avec vos trimestres et votre revenu moyen (50 % des 25 meilleures années), la complémentaire par points RCI. À la Cipav, réservée aux professions libérales réglementées, la base et la complémentaire sont toutes deux en points (0,6599 € et 2,89 € par point en 2026), et il n’y a pas de minimum contributif. Les seuils de CA pour les trimestres diffèrent légèrement.
Ma retraite d’auto-entrepreneur sera-t-elle imposable ?
Oui, comme toute pension : elle est soumise à l’impôt sur le revenu après un abattement de 10 %, et à la CSG, à la CRDS et à la Casa selon votre revenu fiscal de référence. Les montants de cette fiche sont bruts.
Âge de départ et carrière
À quel âge un auto-entrepreneur peut-il partir à la retraite ?
Entre 62 ans et 9 mois et 64 ans selon votre année de naissance (64 ans à partir de 1969), avec de 167 à 172 trimestres pour le taux plein. À 67 ans, le taux plein est automatique. Un départ anticipé est possible en carrière longue, et la retraite progressive est ouverte dès 60 ans sous conditions.
Que se passe-t-il s’il me manque des trimestres ?
Deux effets se cumulent avant 67 ans : une décote de 0,625 point sur le taux de 50 % par trimestre manquant (le plus petit nombre entre les trimestres manquants pour la durée et ceux qui vous séparent de 67 ans, 20 au maximum) et un prorata trimestres validés sur trimestres requis. La complémentaire RCI est minorée de 1 % par trimestre manquant (1,25 % au-delà de 12), et vous perdez le minimum contributif, réservé au taux plein. Partir plus tard, racheter des trimestres ou attendre 67 ans sont les trois réponses possibles.
La réforme des retraites est-elle suspendue ?
Partiellement. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a suspendu la montée en charge de la réforme de 2023 : l’âge légal reste à 62 ans et 9 mois et la durée à 170 trimestres pour les personnes nées entre 1964 et le 31 mars 1965. Pour les générations suivantes, la progression reprend avec un décalage, jusqu’à 64 ans et 172 trimestres à partir de 1969. Le calcul de la pension n’est pas modifié.
Puis-je racheter des trimestres en tant qu’auto-entrepreneur ?
Oui, par un versement pour la retraite : jusqu’à 12 trimestres au titre des années d’études supérieures ou des années civiles incomplètes. Le barème dépend de votre âge et de votre revenu ; il va d’environ 1 000 € à plus de 6 000 € par trimestre. Le rachat ne porte que sur la retraite de base. Faites chiffrer le gain de pension avant de signer.
Cumul d’activités et préparation
Je suis salarié et auto-entrepreneur : est-ce que je cotise deux fois pour rien ?
Non. Vous ne validez pas plus de 4 trimestres par an, mais le revenu retenu de votre micro-entreprise s’ajoute à vos salaires dans le calcul du revenu annuel moyen, et vos cotisations achètent des points RCI en plus de vos points Agirc-Arrco. Votre pension augmente, pas votre durée.
Je suis retraité et auto-entrepreneur : mes cotisations servent-elles à quelque chose ?
Oui si vous êtes en cumul emploi-retraite intégral (âge légal, taux plein, toutes pensions liquidées) : vos cotisations ouvrent droit à une seconde pension, plafonnée pour la base à 5 % du PASS, soit 2 403 € par an en 2026. En cumul plafonné, elles ne créent aucun droit et le revenu de votre activité (CA après abattement) est limité à 24 030 € par an pour un artisan, un commerçant ou un libéral du régime général, sous peine de suspension de la pension. De nouvelles règles s’appliquent aux retraites prenant effet à partir du 1er janvier 2027.
Puis-je déduire un PER ou un contrat Madelin en micro-entreprise ?
Le contrat Madelin et le plafond « Madelin » du PER sont réservés aux indépendants imposés au réel. En micro-entreprise, vos versements sur un PER individuel restent déductibles de votre revenu imposable dans la limite du plafond général : 10 % de vos revenus professionnels (CA après abattement), avec un minimum de 4 710 € en 2026. Les cotisations de prévoyance et de mutuelle ne sont pas déductibles.
Comment vérifier mes trimestres et estimer ma pension ?
Créez votre compte sur info-retraite.fr : le relevé de carrière affiche chaque année avec ses trimestres et ses points, tous régimes confondus, et le service « Mon estimation retraite » projette votre pension. L’Assurance retraite (lassuranceretraite.fr, 39 60) et la Cipav (lacipav.fr) répondent sur les droits acquis. BL ASSUR vous aide à lire ces documents et à dimensionner le complément.
BL ASSUR, courtier indépendant depuis 2017, accompagne les auto-entrepreneurs et les dirigeants pour transformer cette fiche en plan concret : lecture de votre relevé de carrière, estimation de votre pension, choix d’une épargne retraite (PER individuel, assurance-vie) auprès de nos partenaires assureurs, et prévoyance qui maintient votre revenu en cas d’arrêt de travail.
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Sources officielles, vérifiées le 5 octobre 2026
Chaque affirmation chiffrée de cette fiche renvoie à un texte ou à un document officiel. Les liens ouvrent les sources primaires.
| Affirmation | Texte ou document | Source |
|---|---|---|
| Méthode de calcul des trimestres et des points, clés de répartition 2026, neutralisation de l’Acre, taux Acre après le 1er juillet 2026 | Circulaire Cnav 2026-12 du 7 avril 2026 ; décret n° 2025-943 du 8 septembre 2025 ; décret n° 2026-69 du 6 février 2026 | Circulaire Cnav 2026-12 (PDF) |
| Exemples officiels 2026, taux de 17,87 %, revenu plafonné à 48 060 €, seuils Cipav, valeurs des points Cipav, tableaux d’âge et de durée | Service-Public, fiche F23369 « Régime de retraite du micro-entrepreneur », vérifiée le 1er avril 2026 | entreprendre.service-public.gouv.fr |
| Calcul de la pension de base : 25 meilleures années, taux de 50 %, décote, surcote, prorata | Service-Public, fiche F21552 « Montant de la retraite du salarié du secteur privé » (calcul identique pour le micro-entrepreneur) | service-public.gouv.fr |
| Taux globaux du micro-social, répartition par risque, conjoint collaborateur | Code de la sécurité sociale, art. L. 613-7 à L. 613-10 et D. 613-4 à D. 613-6 | Légifrance |
| Méthode antérieure (2024-2025) et absence de points complémentaires des libéraux avant juillet 2024 (décision du Conseil d’État du 9 février 2024, décret n° 2024-484 du 30 mai 2024) | Circulaire Cnav 2024-23 du 16 juillet 2024 | Circulaire Cnav 2024-23 (PDF) |
| Valeur d’achat (21,726 €) et valeur de service (1,347 €) du point RCI en 2026 | Circulaire Cnav 2025-31 du 22 décembre 2025 | Circulaire Cnav 2025-31 (PDF) |
| PASS 2026 (48 060 €), pension de base maximale (24 030 € par an), plafonds du cumul emploi-retraite plafonné des indépendants | Circulaire Cnav 2026-01 du 5 janvier 2026 | Circulaire Cnav 2026-01 (PDF) |
| Minimum contributif 2026 (756,29 € et 903,93 €), plafond de pensions de 1 410,89 € puis 1 444,89 € au 1er juin 2026 | Circulaires Cnav 2025-33 du 23 décembre 2025 et 2026-16 du 12 juin 2026, reprises dans la fiche annexe III-F de l’Enim | Fiche annexe III-F (PDF) |
| Revenu annuel moyen sur 24 ou 23 années pour les parents bénéficiant d’une majoration de durée d’assurance (retraites prenant effet depuis le 1er septembre 2026) | Décret n° 2026-699 du 29 juillet 2026 (article 104 de la LFSS 2026) | lassuranceretraite.fr |
| Cumul emploi-retraite plafonné des artisans, commerçants et libéraux du régime général : plafond apprécié sur les revenus professionnels de l’activité reprise | Code de la sécurité sociale, art. L. 634-6 et D. 634-11-2 | Légifrance |
| Décote de la retraite de base (double limite, 20 trimestres), minoration de la complémentaire RCI (1 % puis 1,25 % par trimestre manquant) | Code de la sécurité sociale, art. L. 351-1 et R. 351-27 ; règlement du régime complémentaire des indépendants | lassuranceretraite.fr |
| Suspension de la réforme de 2023, refonte du cumul emploi-retraite à partir de 2027, Acre | Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 | Légifrance |
| Régimes complémentaires des professions libérales, relevé de points Cipav | Cnavpl et Cipav | cnavpl.fr, lacipav.fr |
| Relevé de carrière, estimation de pension, demande de retraite | Info-retraite (GIP Union Retraite) et Assurance retraite | info-retraite.fr, lassuranceretraite.fr |
| Déclarations de chiffre d’affaires, taux et Acre côté Urssaf | Urssaf, portail auto-entrepreneur | autoentrepreneur.urssaf.fr |
Les seuils de chiffre d’affaires du régime général, les simulations et les cas pratiques sont des calculs BL ASSUR réalisés avec ces paramètres officiels. Seule votre caisse de retraite détermine vos droits. Cette fiche sera mise à jour à chaque changement de paramètre (SMIC au 1er janvier, PASS, valeur du point, loi de financement de la Sécurité sociale).