Fiche conseil employeur

Détachement ou expatriation : deux statuts, deux protections sociales

Vos salariés détachés ou expatriés ne relèvent pas des mêmes règles. Le premier reste au régime français, le second en sort entièrement : Sécurité sociale, mutuelle d’entreprise et prévoyance doivent donc être traitées avant le départ. Voici le guide 2026 pour sécuriser chaque mission à l’étranger.

En bref

  • Le détachement maintient le salarié au régime français : Sécurité sociale, mutuelle et prévoyance d’entreprise continuent de s’appliquer.
  • L’expatriation fait sortir le salarié du régime français : sa couverture doit être entièrement reconstruite.
  • En UE, EEE, Suisse et Royaume-Uni, le détachement est limité à 24 mois, avec le certificat A1 délivré via l’Urssaf.
  • La CFE permet à l’expatrié de conserver une base de Sécurité sociale française ; l’employeur peut y adhérer pour ses salariés.
  • La CFE seule ne suffit pas : une complémentaire santé internationale est indispensable dans la plupart des pays.
  • Le retour en France s’anticipe : sans précaution, un délai de carence de 3 mois peut s’appliquer.
Le point de départ

Détachement ou expatriation : la distinction qui décide de tout

Lorsqu’un salarié part travailler à l’étranger, tout découle de la qualification de sa mission. En effet, le droit de la Sécurité sociale ne connaît que deux statuts : le détachement et l’expatriation. Le premier est une parenthèse, le second est un changement de régime. Cette distinction conditionne les cotisations, la couverture maladie, la mutuelle d’entreprise et la prévoyance.

Statut n° 1

Le salarié détaché

Il part en mission temporaire pour le compte de son employeur français. Son contrat de travail français est maintenu et les cotisations restent payées en France.

  • Sécurité sociale française maintenue
  • Mutuelle et prévoyance d’entreprise conservées
  • Certificat A1 (Europe) ou certificat de détachement
  • Durée limitée selon le pays de destination

Statut n° 2

Le salarié expatrié

Il s’installe durablement à l’étranger, le plus souvent sous contrat local ou avec un contrat français suspendu. Il relève alors du régime du pays d’accueil.

  • Sortie de la Sécurité sociale française
  • Mutuelle et prévoyance collectives en principe inapplicables
  • Adhésion volontaire possible à la CFE
  • Package de protection sociale à construire

Le comparatif en un coup d’œil

CritèreDétachementExpatriation
Sécurité sociale françaiseMaintenueSuspendue
Cotisations socialesPayées en FrancePayées dans le pays d’accueil
DuréeLimitée (24 mois en Europe, variable ailleurs)Illimitée
Mutuelle d’entrepriseMaintenueSortie du régime, solution dédiée à prévoir
Couverture santé conseilléeVérifier la territorialité du contratCFE et complémentaire, ou assurance au 1er euro

Cadre général : règlement (CE) n° 883/2004 pour l’Europe, code de la Sécurité sociale et conventions bilatérales pour le reste du monde.

Le parcours de protection sociale en un schéma

Salariés détachés ou expatriés : préparation d'une mission professionnelle à l'étranger
Le régime de base

Sécurité sociale : les règles selon le pays de destination

Pour un détachement, la durée de maintien au régime français dépend de la destination. Trois situations existent, et chacune obéit à ses propres textes.

UE, EEE, Suisse, Royaume-Uni

24 mois maximum

Le salarié reste affilié au régime français pendant 24 mois au plus (article 12 du règlement CE n° 883/2004). Une prolongation reste ensuite possible par accord dérogatoire entre les autorités des deux États.

Document : le certificat A1, qui atteste de la législation applicable.

41 pays et territoires conventionnés

Durée fixée par la convention

La France a signé un accord de protection sociale avec 41 pays ou territoires : États-Unis, Canada, Japon, Maroc, Tunisie, Brésil, Corée du Sud, Inde, entre autres. La durée initiale du détachement varie selon la convention, le plus souvent de 2 à 5 ans.

Document : le certificat bilatéral propre au pays.

Pays sans convention

3 ans, renouvelables une fois

Le maintien au régime français reste possible pendant 3 ans, renouvelables une fois, avec cotisations payées en France. Toutefois, le pays d’accueil peut exiger en plus une affiliation locale : une double cotisation est donc possible.

Document : le certificat de maintien à la Sécurité sociale française.

La démarche en pratique : depuis 2022, toutes les demandes de certificats (A1, certificats bilatéraux, maintien) passent par le service en ligne ILASS du service mobilité internationale de l’Urssaf, accessible depuis le compte urssaf.fr ou Net-Entreprises. Pour tout détachement de plus de 3 mois hors d’Europe, la demande de certificat est un préalable indispensable.

Attention à l’expatriation : le salarié expatrié perd ses droits à la Sécurité sociale française dès son affiliation au régime du pays d’accueil. Pour conserver un lien avec le système français, il doit adhérer volontairement à la CFE, la Caisse des Français de l’Étranger.

Sources : Service-Public, salarié détaché à l’étranger ; Ameli Entreprise, détachement et service ILASS. Vérifié le 26/08/2026.

Le socle des expatriés

La CFE, la Sécurité sociale des expatriés

La Caisse des Français de l’Étranger est un organisme de Sécurité sociale destiné aux personnes expatriées éligibles. Elle couvre d’abord les Français qui résident hors de France, mais pas seulement : les ressortissants d’un État de l’Espace économique européen ou de la Suisse précédemment affiliés à un régime français peuvent aussi y adhérer, de même que des salariés d’autres nationalités, hors de leur propre pays, lorsque leur entreprise a affilié son personnel à la caisse. L’adhésion est volontaire : elle permet de conserver une couverture « à la française » et de faciliter le retour. Un employeur peut souscrire un contrat collectif CFE en tant qu’entreprise mandataire, ce qui est fréquent dans les packages de mobilité.

Trois risques peuvent être couverts

Maladie et maternité

Le cœur de l’offre : remboursement des soins reçus à l’étranger, ainsi que lors des séjours temporaires en France. Les contrats entreprises intègrent aussi l’invalidité.

Accidents du travail

Une garantie recommandée pour les salariés, puisque l’AT/MP français ne suit pas le salarié expatrié. Elle couvre l’accident professionnel et la maladie professionnelle.

Vieillesse (retraite de base)

La CFE permet de continuer à valider des trimestres au régime général, sur une assiette plafonnée au PASS (48 060 € en 2026). La complémentaire Agirc-Arrco se poursuit, elle, via l’adhésion internationale dédiée.

Cotisations CFE : ce qui a changé en 2026

Les cotisations de la CFE sont forfaitaires. De nouveaux barèmes sont entrés en vigueur le 1er avril 2026 (arrêté du 6 mars 2026), et ils s’appliquent aussi aux contrats en cours. Concrètement, deux logiques coexistent :

  • Adhérents individuels : la cotisation dépend de l’âge et de la composition du foyer (tarif individuel ou famille).
  • Entreprises : la cotisation par salarié dépend du niveau de rémunération, avec trois catégories selon que le salaire atteint le plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026), se situe entre les deux tiers et ce plafond, ou reste en dessous.

Les montants exacts figurent dans le barème officiel publié par la caisse. Par ailleurs, une catégorie aidée existe pour les expatriés aux ressources modestes, avec une cotisation de 228 € par trimestre en 2026, sous conditions de ressources et d’inscription consulaire.

Source : CFE, barème entreprise en vigueur au 1er avril 2026. Vérifié le 26/08/2026.

Deux limites à connaître : à l’étranger, la CFE applique des taux ou des forfaits de remboursement qui varient selon le pays et la nature des soins, souvent très inférieurs aux frais réels. Quant au tiers payant hospitalier, réservé aux établissements du réseau conventionné, sa prise en charge atteint 70, 80 ou 100 % du coût réel selon le pays : un reste à charge parfois important peut donc subsister. Une complémentaire santé internationale reste fortement recommandée dans la plupart des destinations.

Un réflexe : adhérer dès le départ. En cas d’adhésion tardive, des délais d’attente de plusieurs mois peuvent s’appliquer avant l’ouverture des remboursements.

La couverture santé complète

CFE + complémentaire ou assurance au 1er euro : que choisir ?

Pour couvrir un expatrié à hauteur des frais réels, deux architectures existent. Le bon choix dépend du pays, du profil du salarié et du projet de retour en France.

Architecture n° 1

CFE + complémentaire internationale

La CFE sert de base « Sécu » et une complémentaire santé internationale vient couvrir la différence avec les frais réels.

  • Continuité des droits français et retour facilité
  • Couverture lors des séjours en France
  • Option retraite de base possible
  • Un choix pertinent si le retour en France est prévu

Architecture n° 2

Assurance au 1er euro

Un contrat international unique rembourse dès le premier euro dépensé, sans passer par la CFE.

  • Un seul interlocuteur, gestion simplifiée
  • Garanties calibrées sur les coûts du pays d’accueil
  • Souvent plus compétitive pour un profil jeune
  • Aucun droit français maintenu pendant l’expatriation
CritèreCFE + complémentaireAssurance au 1er euro
Lien avec la Sécurité sociale françaiseMaintenuAucun
Couverture lors des séjours en FranceComplèteSelon contrat, souvent limitée
GestionDeux interlocuteursUn seul interlocuteur
Coût pour un profil jeuneGénéralement plus élevéSouvent plus compétitif
Retour en FranceRéaffiliation facilitéeDélai de carence possible

Comparaison de principe : les garanties exactes dépendent de chaque contrat. BL ASSUR compare les deux architectures parmi plus de 30 partenaires assureurs.

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Cas pratique : une PME envoie un cadre 3 ans aux États-Unis

Voici comment nous structurons ce dossier type, l’un des plus fréquents en audit de mobilité.

  • Statut : la convention franco-américaine de sécurité sociale autorise le détachement lorsque la mission prévisible n’excède pas 5 ans. Un maintien au régime français est donc possible pour 3 ans, avec certificat de détachement demandé via l’Urssaf. Si la mission s’inscrit dans un contrat local américain, c’est l’expatriation qui s’applique.
  • Santé : même détaché, le salarié reste remboursé sur des bases françaises dérisoires face aux tarifs américains. Une couverture calibrée sur les réseaux de soins locaux est indispensable : au 1er euro le plus souvent, ou CFE renforcée d’une complémentaire haut de gamme si le retour est certain.
  • Prévoyance : en détachement, le contrat français et le 1,50 % cadres continuent, sous réserve de la territorialité. En expatriation, décès, incapacité et invalidité se reconstruisent dans le package.
  • Rapatriement : une assistance rapatriement sanitaire est intégrée au dispositif dans tous les cas.
  • Formalisation : un avenant précise le statut, les couvertures souscrites et la répartition des financements avant le départ.
Salariés détachés ou expatriés : couverture santé internationale avant le départ
La complémentaire santé collective

Que devient la mutuelle d’entreprise ?

Le sort de la complémentaire santé collective dépend d’abord du statut du salarié, ensuite des stipulations du contrat d’assurance. Voici les deux situations.

Salarié détaché

La mutuelle est maintenue

Le contrat de travail français reste en vigueur : le salarié demeure dans la catégorie assurée et la couverture collective continue, participation patronale comprise. Quatre points restent à vérifier avant le départ :

  • La zone géographique couverte par le contrat
  • Les plafonds de remboursement hors de France
  • Les exclusions éventuelles de certains pays
  • La présence d’une assistance rapatriement

Salarié expatrié

La couverture doit être reconstruite

Les contrats collectifs français remboursent en complément de la Sécurité sociale. Or l’expatrié n’y est plus affilié : la garantie devient en principe inapplicable. Trois solutions existent :

  • Un contrat collectif dédié aux expatriés, au 1er euro ou en complément de la CFE
  • Une extension « expatriés » lorsque le contrat de l’entreprise la prévoit
  • Un maintien à titre individuel négocié avec l’assureur

Le conseil BL ASSUR : relisez toujours la clause de territorialité de vos conditions générales. Certains contrats excluent les séjours de plus de 90 jours consécutifs hors de France, quand d’autres prévoient une couverture monde entier. Dans le doute, interrogez votre courtier avant le départ du salarié, jamais après.

Un doute sur vos contrats actuels ? Faites vérifier gratuitement la couverture internationale de votre mutuelle et de votre prévoyance avant le départ du salarié.

Faire vérifier mes contrats
Décès, incapacité, invalidité

Que devient la prévoyance ?

La prévoyance suit une logique proche de celle de la mutuelle, avec une difficulté supplémentaire : plusieurs garanties sont calculées à partir des prestations de la Sécurité sociale française. Sans affiliation française, elles peuvent devenir inopérantes.

Garantie décès

Le capital décès est généralement dû quel que soit le pays de résidence. Vérifiez néanmoins les exclusions contractuelles, notamment pour les zones à risques ou les pays en conflit.

Incapacité et invalidité

Ces garanties complètent le plus souvent les indemnités journalières et pensions de la Sécurité sociale. Pour un expatrié qui n’y est plus affilié, elles peuvent être réduites, incalculables ou exclues : un contrat de prévoyance expatriés est alors nécessaire.

Le cas des cadres

L’obligation de financer une prévoyance cadres à hauteur de 1,50 % de la tranche 1, en priorité sur le risque décès, continue de s’appliquer au salarié détaché, dont le contrat français est maintenu. Pour l’expatrié sous contrat local, le socle français cesse en principe de s’appliquer : le package de mobilité doit prévoir un niveau équivalent.

Pour approfondir le sujet, consultez notre guide dédié à la prévoyance cadres et l’obligation de 1,50 %.

L’angle mort des packages de mobilité

Le retour en France, l’étape que tout le monde néglige

Le retour d’expatriation se prépare aussi sérieusement que le départ. Selon la situation du salarié, la réaffiliation à l’Assurance maladie est immédiate ou différée.

Trois situations au retour

Il reprend un emploi

L’affiliation est acquise dès la première heure travaillée. Le dossier passe par le formulaire S1106 adressé à la CPAM avec le contrat de travail ou un bulletin de salaire. Le salarié réintègre en même temps la mutuelle et la prévoyance collectives.

Il rentre sans activité

La protection universelle maladie s’applique sur critère de résidence : il faut justifier d’une résidence stable et régulière, et un délai de carence de 3 mois s’applique en principe, sauf exceptions réglementaires.

Il était adhérent CFE

Sous conditions, la CFE peut maintenir temporairement la prise en charge santé après le retour, dans la limite de 3 mois et du dispositif applicable, le temps de la réaffiliation au régime français. La transition se fait ainsi sans rupture de couverture.

Retour depuis l’Europe : pour un salarié qui revient d’un pays de l’UE, de l’EEE ou de Suisse, les périodes d’assurance accomplies dans l’autre État sont prises en compte grâce aux formulaires de liaison européens. La continuité des droits est alors facilitée.

Sources : Cleiss, vous rentrez en France après avoir travaillé à l’étranger ; Service-Public, assurance maladie au retour d’expatriation. Vérifié le 26/08/2026.

Points de vigilance

Salariés détachés ou expatriés : les 6 erreurs qui coûtent cher

L’envoi d’un salarié à l’étranger se prépare. Voici les erreurs que nous rencontrons le plus souvent lors de nos audits.

Confondre les deux statuts

Une qualification erronée expose l’entreprise à des régularisations de cotisations et laisse le salarié mal couvert. Le statut se décide avant le départ, par écrit.

Partir sans certificat

Sans certificat A1 ou certificat de détachement, le salarié s’expose à une double cotisation et à des difficultés lors des contrôles dans le pays d’accueil.

Ignorer la territorialité des contrats

Mutuelle et prévoyance peuvent exclure certains pays ou plafonner les remboursements hors de France. La clause de territorialité se vérifie contrat par contrat.

Sous-estimer les frais de santé locaux

Une hospitalisation aux États-Unis peut dépasser 100 000 €. La CFE seule, avec ses taux et forfaits de remboursement propres à chaque pays, ne couvre qu’une fraction de ces montants.

Oublier l’assistance rapatriement

Un rapatriement sanitaire se chiffre en dizaines de milliers d’euros. Cette garantie doit figurer dans le dispositif, quel que soit le statut du salarié.

Ne pas préparer le retour

Sans anticipation, le salarié qui rentre sans emploi peut subir un délai de carence de 3 mois. L’adhésion CFE ou une garantie retour évite cette rupture de couverture.

Les 8 points que nous vérifions avant chaque départ

C’est la méthode BL ASSUR pour sécuriser une mobilité internationale. Elle répond aussi à une exigence juridique : la Cour de cassation impose à l’employeur d’informer le salarié expatrié sur sa protection sociale, avant le départ et pendant la mission (Cass. soc., 23 novembre 2022, n° 21-19.616).

  1. La qualification du statut, détaché ou expatrié, et le certificat correspondant
  2. La territorialité des contrats santé et prévoyance en cours
  3. La durée maximale de maintien hors de France prévue par chaque contrat
  4. Le niveau des garanties hospitalisation face aux coûts réels du pays
  5. Le tiers payant et les réseaux de soins accessibles sur place
  6. Les plafonds annuels, exclusions et délais d’attente
  7. Les garanties décès, incapacité et invalidité, maintenues ou reconstruites
  8. Le rapatriement sanitaire et la continuité de couverture au retour

La fiche synthèse à télécharger

Détachement, expatriation, CFE, mutuelle, prévoyance et retour en France : l’essentiel sur une page A4, à partager avec vos équipes RH.

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Questions fréquentes

FAQ : mobilité internationale et protection sociale

Quelle est la différence entre un salarié détaché et un salarié expatrié ?

Le salarié détaché part en mission temporaire tout en restant affilié à la Sécurité sociale française : son contrat de travail français est maintenu et les cotisations continuent d’être payées en France. Le salarié expatrié, lui, relève du régime du pays d’accueil, généralement sous contrat local. Sa couverture française cesse et doit être remplacée par des solutions volontaires comme la CFE et une assurance internationale.

Quelle est la durée maximale d’un détachement à l’étranger ?

En UE, EEE, Suisse et Royaume-Uni, le détachement est limité à 24 mois, avec une prolongation possible par accord entre les autorités des deux États. Dans les 41 pays et territoires liés à la France par une convention de Sécurité sociale, la durée dépend de chaque convention, le plus souvent de 2 à 5 ans. Enfin, dans les pays sans convention, le maintien au régime français est possible pendant 3 ans, renouvelables une fois.

Qu’est-ce que le certificat A1 et comment l’obtenir ?

Le certificat A1 est l’attestation de législation applicable pour les détachements en Europe. Il prouve que le salarié reste affilié à la Sécurité sociale française et évite la double cotisation dans le pays d’accueil. L’employeur le demande via le service en ligne ILASS du service mobilité internationale de l’Urssaf, depuis son compte urssaf.fr ou Net-Entreprises, avant le départ du salarié.

La mutuelle d’entreprise est-elle maintenue pendant un détachement ?

Oui. Le contrat de travail français reste en vigueur, le salarié demeure dans la catégorie assurée et la couverture collective continue de s’appliquer, participation patronale comprise. En revanche, il faut vérifier la zone de couverture du contrat, les plafonds de remboursement hors de France et la présence d’une assistance rapatriement.

Mon salarié expatrié peut-il conserver la mutuelle d’entreprise ?

En principe non, car les contrats collectifs français remboursent en complément de la Sécurité sociale, à laquelle l’expatrié n’est plus affilié. Trois solutions existent : un contrat collectif dédié aux expatriés (au 1er euro ou en complément de la CFE), une extension « expatriés » si le contrat de l’entreprise la prévoit, ou un maintien individuel négocié avec l’assureur. Les conditions générales du contrat tranchent la question.

La CFE est-elle obligatoire pour un expatrié ?

Non, l’adhésion à la CFE est volontaire. Elle est cependant fortement recommandée : elle maintient un lien avec la Sécurité sociale française, permet de continuer à valider des trimestres de retraite de base et facilite la réaffiliation au retour. L’employeur peut prendre en charge tout ou partie des cotisations, souvent dans le cadre d’un contrat collectif entreprise.

Combien coûte la CFE pour une entreprise en 2026 ?

Les cotisations sont forfaitaires et de nouveaux barèmes s’appliquent depuis le 1er avril 2026, y compris aux contrats en cours. Pour les entreprises, la cotisation par salarié dépend du niveau de rémunération, avec trois catégories selon que le salaire atteint le plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026), se situe entre les deux tiers et ce plafond, ou reste en dessous. Le barème détaillé est publié sur cfe.fr, et BL ASSUR vous aide à chiffrer le coût complet du package.

CFE + complémentaire ou assurance au 1er euro : comment choisir ?

La CFE associée à une complémentaire internationale convient lorsque le retour en France est prévu : les droits français sont maintenus et la réaffiliation est facilitée. L’assurance au 1er euro, avec un interlocuteur unique, est souvent plus simple et plus compétitive pour un profil jeune sans projet de retour immédiat. Dans les deux cas, les garanties doivent être calibrées sur les coûts de santé réels du pays d’accueil.

Que devient la prévoyance cadres 1,50 % en cas de mobilité internationale ?

Pour un salarié détaché, le contrat de travail français est maintenu : l’obligation de financer une prévoyance cadres à hauteur de 1,50 % de la tranche 1, affectée en priorité au risque décès, continue de s’appliquer. Pour un expatrié sous contrat local, le socle français cesse en principe de s’appliquer, mais les entreprises prévoient généralement un niveau de garanties équivalent dans le package de mobilité.

L’employeur doit-il financer la protection sociale de l’expatrié ?

Aucun texte ne l’impose de manière générale, mais c’est une pratique très répandue dans les packages d’expatriation. La prise en charge de la CFE, d’une assurance santé internationale, de la prévoyance et de l’assistance rapatriement fait partie de la négociation. Un avenant au contrat de travail ou la lettre de mission doit préciser noir sur blanc qui finance quoi.

L’employeur doit-il informer le salarié expatrié sur sa protection sociale avant le départ ?

Oui. Sur le fondement de l’exécution de bonne foi du contrat de travail, la Cour de cassation impose à l’employeur d’informer le salarié expatrié sur sa situation au regard de la protection sociale, avant le départ et pendant la mission (Cass. soc., 23 novembre 2022, n° 21-19.616). Un manquement ouvre droit à indemnisation au titre de la perte de chance de s’assurer volontairement, notamment pour la retraite (Cass. soc., 25 janvier 2012, n° 11-11.374). Les bulletins de paie ne suffisent pas : l’information doit être claire et exhaustive. Un écrit remis avant le départ, détaillant le statut, les régimes applicables et les adhésions volontaires possibles, protège l’entreprise.

Que se passe-t-il au retour en France après une expatriation ?

Si le salarié reprend un emploi, l’affiliation à l’Assurance maladie est acquise dès la première heure travaillée et il réintègre les régimes collectifs de l’entreprise. S’il rentre sans activité, la protection universelle maladie s’applique sur critère de résidence, avec en principe un délai de carence de 3 mois. L’adhérent CFE, lui, peut sous conditions conserver temporairement sa prise en charge santé après le retour, dans la limite de 3 mois, le temps de la réaffiliation, ce qui évite une rupture de couverture.

Un salarié détaché ou expatrié cotise-t-il pour sa retraite française ?

Le salarié détaché cotise normalement : retraite de base et complémentaire Agirc-Arrco continuent comme s’il travaillait en France. L’expatrié, en revanche, ne cotise plus au régime français. Il peut toutefois adhérer à l’assurance vieillesse volontaire de la CFE pour la retraite de base, et à l’extension internationale Agirc-Arrco pour la complémentaire, afin de continuer à valider des droits pendant l’expatriation.

Quels risques pour l’employeur en cas de mauvaise qualification du statut ?

Un salarié traité comme détaché alors que les conditions ne sont pas réunies expose l’entreprise à des régularisations de cotisations, en France comme dans le pays d’accueil, et prive le salarié d’une couverture valable. À l’inverse, une expatriation mal préparée laisse le salarié sans prévoyance opérante. La qualification du statut, les certificats et les contrats d’assurance doivent être verrouillés avant le départ, avec l’appui d’un conseil spécialisé.

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Pour aller plus loin

Fiche rédigée par Renaud Lebrun, fondateur de BL ASSUR, courtier en assurances collectives (ORIAS n° 17 003 326). Dernière vérification des textes et barèmes le 26 août 2026. Sources principales : règlement (CE) n° 883/2004, code de la Sécurité sociale, Urssaf (service mobilité internationale), Ameli Entreprise, Cleiss, CFE, Service-Public. Cette fiche présente des règles générales et ne remplace pas l’analyse de votre situation.

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