Fiche conseil employeur · Prévoyance · Vérifiée le 7 septembre 2026

Incapacité vs invalidité : deux mots, deux régimes, deux niveaux de revenu

Un salarié en arrêt de travail est en incapacité : la Sécurité sociale lui verse des indemnités journalières, plafonnées à 42,97 € par jour en 2026. S’il ne récupère pas, il peut être reconnu invalide : une pension remplace alors les indemnités, entre 338,31 € et 2 002,50 € par mois. Ce guide 2026 incapacité vs invalidité explique les différences, les montants, les effets sur le contrat de travail et ce qu’une prévoyance d’entreprise change pour vos salariés.

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La réponse en 30 secondes

  • L’incapacité est temporaire : arrêt de travail prescrit par le médecin, indemnisé par des IJ (50 % du salaire, plafond 1,4 SMIC, 360 jours sur 3 ans).
  • L’invalidité est durable : état stabilisé, capacité de travail ou de gain réduite d’au moins deux tiers, reconnue par le médecin-conseil, pension jusqu’à 62 ans.
  • Après un accident du travail, on ne parle pas d’invalidité mais d’incapacité permanente : capital sous 10 %, rente au-delà. La réforme entre en vigueur le 1er novembre 2026.
  • Ni l’incapacité ni l’invalidité ne rompent le contrat de travail. Seule l’inaptitude, constatée par le médecin du travail, ouvre la voie au reclassement ou au licenciement.
  • La Sécurité sociale seule laisse un cadre à moins de 45 % de son net. La prévoyance d’entreprise complète les IJ et verse une rente d’invalidité.
  • Pour les cadres, l’ANI de 2017 impose à l’employeur une cotisation d’au moins 1,50 % de la tranche 1, affectée par priorité au décès ; les garanties incapacité et invalidité dépendent du contrat et de la convention collective. Comparatif sous 48 h ouvrées, sans frais de courtage.

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En bref : incapacité vs invalidité en six points

  • Incapacité temporaire = arrêt de travail. Le salarié ne peut pas travailler pour un temps. L’Assurance Maladie verse des indemnités journalières après 3 jours de carence, aucune en accident du travail. Elles valent 50 % du salaire journalier de base dans la limite de 1,4 SMIC, soit 42,97 € par jour au plus pour un arrêt débutant depuis le 1er juillet 2026.
  • Invalidité = état stabilisé et durable. Après une maladie ou un accident non professionnel, si la capacité de travail ou de gain est réduite d’au moins deux tiers, le médecin-conseil classe le salarié en catégorie 1, 2 ou 3. La pension vaut 30 % ou 50 % du salaire annuel moyen des 10 meilleures années. En 2026, elle va de 338,31 € à 2 002,50 € par mois, plus 1 298,44 € de majoration pour tierce personne en catégorie 3.
  • Incapacité permanente = la version accident du travail. Après consolidation d’un AT/MP, la caisse fixe un taux d’incapacité permanente : capital forfaitaire en dessous de 10 %, rente viagère à partir de 10 %. À compter du 1er novembre 2026, la rente distingue une part professionnelle et une part fonctionnelle.
  • Le contrat de travail continue. L’arrêt suspend le contrat ; la mise en invalidité ne le rompt pas. Seul l’avis d’inaptitude du médecin du travail, à la visite de reprise, déclenche reclassement ou licenciement.
  • La Sécurité sociale ne remplace pas le salaire. Un cadre à 4 000 € brut ne perçoit que 1 289 € d’IJ par mois, moins de 42 % de son net. Sa pension d’invalidité de catégorie 2 plafonne à 2 002,50 €. Le maintien de salaire de l’employeur est court, puis la prévoyance prend le relais.
  • La prévoyance d’entreprise est le seul vrai filet. Indemnités journalières complémentaires, rente d’invalidité par catégorie, capital décès. Pour les cadres, l’employeur finance seul au moins 1,50 % de la tranche 1 (ANI de 2017), affecté par priorité au décès ; les garanties incapacité et invalidité dépendent du contrat et, pour tous les salariés, de la convention collective. BL ASSUR compare plus de 30 assureurs, sans frais de courtage.
1. Les notions

Incapacité vs invalidité : les définitions et les différences clés

Incapacité vs invalidité : salarié en arrêt de travail indemnisé par des indemnités journalières avant une éventuelle mise en invalidité
L’incapacité se compte en jours d’arrêt. L’invalidité se constate une fois l’état stabilisé, et se compte en années de pension.

Les deux mots désignent une même réalité pour le salarié : ne plus pouvoir travailler comme avant. Mais ils renvoient à deux régimes juridiques distincts, avec des prestations, des décideurs et des durées différents. Un troisième terme complique encore la lecture des bulletins de paie et des contrats de prévoyance : l’incapacité permanente, réservée aux accidents du travail et aux maladies professionnelles.

Trois notions à ne pas confondre

L’incapacité temporaire de travail

L’arrêt de travail

Le salarié est dans l’impossibilité provisoire de travailler, maladie ou accident, professionnel ou non. Son médecin prescrit un arrêt. La Sécurité sociale verse des indemnités journalières (IJ), l’employeur complète sous conditions, la prévoyance d’entreprise prend le relais. Le contrat de travail est suspendu, pas rompu.

L’invalidité

L’état stabilisé, hors accident du travail

Après une maladie ou un accident non professionnel, l’état de santé est stabilisé. Mais la capacité de travail ou de gain reste réduite d’au moins deux tiers (article L. 341-1 du Code de la sécurité sociale). Le médecin-conseil de l’Assurance Maladie classe le salarié en catégorie 1, 2 ou 3 et une pension d’invalidité remplace les IJ jusqu’à la retraite.

L’incapacité permanente

L’état stabilisé après un AT/MP

Après un accident du travail ou une maladie professionnelle, on ne parle pas d’invalidité. À la consolidation, la caisse fixe un taux d’incapacité permanente : capital forfaitaire en dessous de 10 %, rente viagère à partir de 10 % (articles L. 434-1 et L. 434-2 du Code de la sécurité sociale). C’est ce taux que les contrats de prévoyance retiennent pour les sinistres professionnels.

Le tableau des différences

CritèreIncapacité temporaireInvaliditéIncapacité permanente (AT/MP)
Nature Provisoire : l’état peut s’améliorer Durable : état stabilisé, capacité réduite d’au moins deux tiers Durable : séquelles consolidées d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle
Qui décide Le médecin traitant prescrit l’arrêt ; le service médical de la caisse peut contrôler Le médecin-conseil de l’Assurance Maladie, sur demande de l’assuré ou à l’initiative de la caisse Le médecin-conseil fixe le taux à la consolidation, selon les barèmes indicatifs
Prestation Indemnités journalières (IJ) Pension d’invalidité mensuelle Capital forfaitaire (taux inférieur à 10 %) ou rente viagère (10 % et plus)
Niveau Sécurité sociale 2026 Maladie : 50 % du salaire journalier de base, plafond 1,4 SMIC, 42,97 € par jour au plus. AT/MP : 60 % puis 80 %, plafond 320,66 € par jour 30 % du salaire annuel moyen (catégorie 1) ou 50 % (catégories 2 et 3) ; de 338,31 € à 2 002,50 € par mois ; majoration pour tierce personne 1 298,44 € Rente = salaire annuel de référence multiplié par le taux utile (taux divisé par deux jusqu’à 50 %, multiplié par 1,5 au-delà) ; réforme au 1er novembre 2026
Durée Maladie : 360 IJ sur 3 ans, ou 3 ans de date à date en ALD. AT/MP : jusqu’à consolidation (4 ans au plus pour les sinistres à compter du 1er janvier 2027) Jusqu’à 62 ans, puis retraite pour inaptitude au taux plein ; révisable à tout moment selon l’état de santé Rente viagère, révisable en cas d’aggravation ou d’amélioration
Contrat de travail Suspendu pendant l’arrêt Maintenu : l’invalidité n’est pas l’inaptitude. Reprise, aménagement ou visite de reprise selon les cas Maintenu ; protection renforcée contre le licenciement pendant l’arrêt d’origine professionnelle
Travail possible Non, sauf temps partiel thérapeutique Oui en catégorie 1 ; possible aussi en catégories 2 et 3, sans accord préalable du médecin-conseil, à condition d’informer la caisse et dans la limite du seuil de cumul Oui : la rente répare les séquelles, elle ne dépend pas de l’arrêt d’activité
Rôle de la prévoyance IJ complémentaires après franchise, souvent jusqu’à 80 % du brut ou 100 % du net Rente d’invalidité par catégorie, pension de la Sécurité sociale déduite Rente assimilée à l’invalidité lorsque le taux atteint 66 %, proratisée entre 33 % et 66 %, rien en dessous dans la plupart des contrats

Sources : Code de la sécurité sociale, articles L. 321-1, L. 323-1, L. 341-1 à L. 341-4, L. 433-1, L. 434-1 et L. 434-2 ; ameli.fr, montants au 1er janvier et au 1er avril 2026 ; décrets n° 2026-354, 2026-355, 2026-498 et 2026-501. Vérification du 7 septembre 2026.

La chronologie type d’un arrêt qui se prolonge

J1

Arrêt de travail

Prescription médicale, 31 jours au plus pour un premier arrêt depuis le 1er septembre 2026, sauf dérogation motivée. Carence de 3 jours en maladie, aucune en AT/MP.

J8

Maintien employeur

À partir d’un an d’ancienneté, 90 % du brut puis deux tiers, IJ déduites, pendant 30 à 90 jours chacun selon l’ancienneté. La convention collective peut faire mieux.

M+

IJ et prévoyance

Le maintien épuisé, il reste les IJ plafonnées. La prévoyance d’entreprise complète, après sa franchise, jusqu’à la reprise ou la fin des droits.

3 ans

Stabilisation

Reprise, ou mise en invalidité par le médecin-conseil, ou consolidation avec taux d’incapacité permanente en AT/MP. La pension ou la rente prend le relais des IJ.

Le passage n’est pas automatique, ni forcément à trois ans

L’invalidité peut être reconnue avant l’épuisement des IJ, dès que l’état est stabilisé, ou après un accident non professionnel sans longue période d’arrêt. À l’inverse, un salarié peut épuiser ses 360 IJ sans être reconnu invalide, si sa capacité n’est pas réduite de deux tiers. Il se retrouve alors sans IJ ni pension. C’est l’une des situations où la prévoyance d’entreprise fait toute la différence.

2. L’incapacité temporaire

Les indemnités journalières de la Sécurité sociale en 2026

L’indemnisation de l’arrêt de travail dépend d’abord de son origine. Un arrêt pour maladie ou accident de la vie privée relève de l’assurance maladie. Un arrêt consécutif à un accident du travail, un accident de trajet ou une maladie professionnelle relève de la branche AT/MP, plus favorable. Dans les deux cas, l’employeur établit l’attestation de salaire, en pratique par la DSN, et peut pratiquer la subrogation.

Arrêt maladie : 50 % du salaire, plafond 1,4 SMIC

RègleArrêt maladie ou accident non professionnel (2026)
Conditions d’ouverture des droitsArrêt de moins de 6 mois : 150 heures de travail sur 3 mois, ou cotisations sur 1 015 fois le SMIC horaire sur 6 mois. Arrêt de plus de 6 mois : 12 mois d’affiliation et 600 heures sur 12 mois, ou cotisations sur 2 030 fois le SMIC horaire.
Délai de carence3 jours. Les IJ sont versées à partir du 4e jour. En affection de longue durée, la carence ne s’applique qu’une fois par période de 3 ans pour les arrêts liés à l’ALD.
CalculSalaire journalier de base = somme des 3 derniers salaires bruts divisée par 91,25. IJ = 50 % de ce salaire journalier.
PlafondSalaire pris en compte limité à 1,4 SMIC mensuel, soit 2 613,83 € depuis le 1er juin 2026 (décret n° 2025-160, applicable depuis le 1er avril 2025 ; 1,8 SMIC auparavant). IJ maximale : 42,97 € par jour pour les arrêts débutant à compter du 1er juillet 2026 (41,95 € du 1er février au 30 juin 2026).
Durée360 IJ au plus sur 3 années consécutives. En ALD, 3 ans de date à date pour chaque affection, un nouveau délai s’ouvrant après une reprise d’au moins un an.
Durée des prescriptionsDepuis le 1er septembre 2026 : 31 jours au plus pour un premier arrêt, 62 jours par prolongation, sauf dérogation motivée par le prescripteur (article 81 de la LFSS 2026, décret n° 2026-498 du 12 juin 2026). Un arrêt long se gère donc par prolongations successives.
PrélèvementsCSG 6,2 % et CRDS 0,5 %. IJ imposables, sauf celles versées au titre d’une ALD exonérante (exonération maintenue par la loi de finances pour 2026).
Temps partiel thérapeutiquePossible sans arrêt à temps complet préalable ; les IJ sont maintenues en tout ou partie pour compenser la perte de salaire.

Sources : Code de la sécurité sociale, articles L. 313-1, R. 313-3, L. 323-1, R. 323-1 à R. 323-4, L. 162-4-1 ; ameli.fr ; décret n° 2025-160 du 20 février 2025 ; décret n° 2026-498 du 12 juin 2026. SMIC mensuel brut 1 867,02 € depuis le 1er juin 2026. Vérification du 7 septembre 2026.

Le plafond de 1,4 SMIC a changé la donne pour les salaires moyens

Depuis le 1er avril 2025, tout salaire supérieur à 2 613,83 € brut par mois est indemnisé comme s’il valait 2 613,83 €. Un salarié à 3 500 € brut perçoit les mêmes 42,97 € par jour qu’un cadre à 6 000 €. Avant la réforme, le plafond de 1,8 SMIC portait l’IJ maximale à 53,31 €. La perte, de plus de 20 %, ne se voit pas tant que l’employeur maintient le salaire ; elle apparaît le jour où ce maintien s’arrête.

Accident du travail et maladie professionnelle : 60 % puis 80 %, sans carence

RègleAccident du travail, accident de trajet, maladie professionnelle (2026)
ConditionsAucune condition d’ancienneté ni de durée de cotisation.
CarenceAucune. L’employeur paie la journée de l’accident, les IJ courent dès le lendemain.
CalculSalaire journalier de référence = salaire brut du mois précédent divisé par 30,42. IJ = 60 % de ce salaire du 1er au 28e jour, 80 % à partir du 29e jour, dans la limite du gain journalier net (salaire de référence moins 21 %).
PlafondSalaire journalier de référence limité à 0,834 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 400,82 € en 2026 : IJ maximale de 240,49 € par jour, puis 320,66 €.
DuréeJusqu’à la guérison ou la consolidation. Pour les sinistres survenus à compter du 1er janvier 2027, 4 ans au plus, un nouveau délai s’ouvrant après une reprise d’au moins un an (décret n° 2026-501 du 12 juin 2026).
PrélèvementsCSG 6,2 % et CRDS 0,5 %. Imposables à hauteur de 50 % de leur montant.
Ce qui est annoncéLe ministère du Travail a annoncé le 28 août 2026 un projet de décret abaissant à 1,8 SMIC le salaire pris en compte, à compter du 1er novembre 2026, soit une IJ ramenée à environ 66 € puis 88 € par jour. Au 7 septembre 2026, ce décret n’est pas publié et les règles ci-dessus s’appliquent. La fiscalisation intégrale des IJ AT/MP est envisagée dans le PLFSS 2027.

Sources : Code de la sécurité sociale, articles L. 433-1, L. 433-2, R. 433-1 à R. 433-4, D. 433-9 ; PASS 2026 = 48 060 € ; décret n° 2026-501 du 12 juin 2026 ; communication du ministère du Travail du 28 août 2026 relayée par l’AFP. Vérification du 7 septembre 2026.

Et pour le dirigeant non salarié ?

Un travailleur indépendant relève d’un régime distinct. Ses IJ maladie sont plafonnées à 65,84 € par jour en 2026 (1/730 du plafond annuel de la Sécurité sociale), après 3 jours de carence, et sa pension d’invalidité obéit à des règles propres. Sans contrat de prévoyance Madelin, la chute de revenu est encore plus brutale que pour un salarié. Notre fiche sur la mutuelle et la prévoyance du dirigeant, salarié ou TNS compare les deux statuts.

3. Le relais de l’employeur

Le maintien de salaire par l’employeur : court, partiel, conditionné

La loi de mensualisation oblige l’employeur à compléter les IJ pendant une durée limitée (articles L. 1226-1 et D. 1226-1 à D. 1226-8 du Code du travail). Quatre conditions : un an d’ancienneté, un arrêt transmis dans les 48 heures, une prise en charge par la Sécurité sociale, et des soins en France ou dans un État de l’Espace économique européen. Le complément est calculé sur la rémunération brute que le salarié aurait perçue s’il avait travaillé, IJ déduites.

AnciennetéPériode à 90 % du brutPériode à 66,66 % du brutCarence
1 à 5 ans30 jours30 jours7 jours en maladie, aucune en AT/MP
6 à 10 ans40 jours40 joursIdem
11 à 15 ans50 jours50 joursIdem
16 à 20 ans60 jours60 joursIdem
21 à 25 ans70 jours70 joursIdem
26 à 30 ans80 jours80 joursIdem
31 ans et plus90 jours90 joursIdem

Source : Code du travail, articles D. 1226-1 à D. 1226-4. Les durées s’apprécient sur 12 mois glissants, tous arrêts confondus. Vérification du 7 septembre 2026.

La plupart des conventions collectives améliorent ce socle : suppression de la carence, maintien à 100 % du net, durées plus longues, condition d’ancienneté réduite. C’est l’un des points que nous vérifions systématiquement, car le régime de prévoyance doit prendre le relais exactement là où le maintien conventionnel s’arrête. Notre fiche sur l’arrêt de travail et le maintien de salaire par l’employeur détaille le calcul, la subrogation et la DSN. Notre annuaire des conventions collectives détaille les obligations de plus de 30 branches.

Le maintien de salaire coûte à l’employeur, la prévoyance le rembourse

Le complément légal ou conventionnel est une charge de l’entreprise, cotisations comprises. Beaucoup de contrats de prévoyance incluent une garantie « mensualisation » ou « maintien de salaire ». Elle rembourse tout ou partie de ce complément à l’employeur, en plus des IJ versées au salarié une fois le maintien terminé. Sur un arrêt de six mois d’un salarié à 15 ans d’ancienneté, l’écart se chiffre en milliers d’euros.

4. L’invalidité

L’invalidité : catégories, montants 2026, cumul et fin de la pension

L’invalidité est appréciée lorsque l’état de santé est stabilisé (article L. 341-3 du Code de la sécurité sociale). Cela peut être à la consolidation de la blessure, à l’expiration de la période d’IJ, ou à la date de la constatation médicale. Trois conditions sont exigées : ne pas avoir atteint l’âge légal de la retraite, avoir une capacité de travail ou de gain réduite d’au moins deux tiers, et remplir les conditions d’affiliation. Ces dernières supposent 12 mois d’immatriculation, et 600 heures de travail salarié ou des cotisations sur 2 030 fois le SMIC horaire au cours des 12 derniers mois.

Les trois catégories

Catégorie 1

Capable d’exercer une activité rémunérée

Pension de 30 % du salaire annuel moyen des 10 meilleures années. En 2026 : de 338,31 € à 1 201,50 € par mois. La reprise d’une activité, souvent à temps partiel, est attendue et encadrée par le seuil de cumul.

Catégorie 2

Absolument incapable d’exercer une profession quelconque

Pension de 50 % du salaire annuel moyen. En 2026 : de 338,31 € à 2 002,50 € par mois. La catégorie 2 n’interdit pas de reprendre une activité : aucun accord préalable du médecin-conseil n’est exigé en principe. La pension peut être réduite ou suspendue selon les revenus déclarés à la caisse, et la catégorie révisée si l’état de santé évolue.

Catégorie 3

Incapable de travailler et besoin d’une tierce personne

Pension de 50 % du salaire annuel moyen, majorée de 1 298,44 € par mois pour l’aide d’une tierce personne (montant au 1er avril 2026, non imposable). En 2026 : de 1 636,75 € à 3 300,94 € par mois.

Sources : Code de la sécurité sociale, articles L. 341-4, R. 341-4 à R. 341-6 ; ameli.fr, montants au 1er janvier 2026 et majoration au 1er avril 2026 ; instruction interministérielle DSS/2A/2026/36 du 26 mars 2026 (revalorisation de 0,8 % au 1er avril 2026).

Le calcul de la pension d’invalidité

La pension se calcule sur le salaire annuel moyen des 10 meilleures années d’activité. Les salaires sont retenus dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale, 48 060 € en 2026. Elle vaut 30 % de cette moyenne en catégorie 1, 50 % en catégories 2 et 3. D’où les plafonds : 30 % de 4 005 € = 1 201,50 € et 50 % de 4 005 € = 2 002,50 € par mois. Un salaire élevé ne donne donc pas une pension plus élevée que ces montants. La pension est imposable et soumise à la CSG et à la CRDS selon le revenu fiscal de référence ; la majoration pour tierce personne ne l’est pas.

Lorsque la pension laisse des ressources très faibles, l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) peut la compléter. Les plafonds sont de 922,16 € par mois pour une personne seule et 1 613,80 € pour un couple au 1er avril 2026.

Cumuler la pension avec un salaire : le seuil de comparaison

Depuis le 1er avril 2022, le cumul est intégral tant que la pension et les revenus d’activité des 12 derniers mois ne dépassent pas un seuil de comparaison. Ce seuil est le plus élevé du salaire brut de la dernière année avant l’invalidité et du salaire annuel moyen des 10 meilleures années. Il ne peut être ni inférieur au SMIC annuel brut, ni supérieur à 1,5 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 72 090 € en 2026. Au-delà, la pension est réduite de la moitié du dépassement mensuel (décret n° 2022-257 du 23 février 2022 et décret n° 2023-684 du 28 juillet 2023). Le pensionné déclare ses ressources à sa caisse, à l’attribution puis chaque année ou à chaque reprise d’activité.

Procédure, révision et fin de la pension

  • La demande émane de la caisse ou du salarié, dans les 12 mois qui suivent la stabilisation ou la fin des IJ. La caisse dispose de deux mois pour répondre ; son silence vaut rejet. Le recours passe par la commission de recours amiable puis le pôle social du tribunal judiciaire.
  • La pension est provisoire. La catégorie peut être revue à la hausse ou à la baisse selon l’état de santé et les ressources, et la pension suspendue si les revenus dépassent le seuil.
  • La revalorisation intervient chaque 1er avril (0,8 % en 2026).
  • La fin. À 62 ans, la pension est remplacée par une retraite au titre de l’inaptitude, au taux plein de 50 % quel que soit le nombre de trimestres. La réforme des retraites de 2023 a maintenu cet âge de 62 ans pour les invalides. Le salarié qui travaille encore peut conserver sa pension jusqu’à 67 ans au plus.

L’invalidité de la Sécurité sociale n’est pas l’inaptitude du médecin du travail

La CPAM apprécie la capacité de gain sur le marché du travail en général. Le médecin du travail apprécie l’aptitude au poste occupé dans votre entreprise. Un salarié classé en catégorie 2 peut être déclaré apte à un poste aménagé ; un salarié non invalide peut être inapte. Ce sont deux décisions distinctes, et seule la seconde a des effets sur le contrat de travail.

5. Le cas de l’accident du travail

L’incapacité permanente après un accident du travail ou une maladie professionnelle

Lorsque l’accident ou la maladie est d’origine professionnelle, la stabilisation s’appelle consolidation et l’invalidité n’existe pas. La caisse fixe un taux d’incapacité permanente (IPP) d’après les barèmes indicatifs. Elle tient compte de la nature de l’infirmité, de l’état général, de l’âge, des facultés physiques et mentales, des aptitudes et de la qualification professionnelle (article L. 434-2 du Code de la sécurité sociale).

Les règles en vigueur jusqu’au 31 octobre 2026

  • Taux inférieur à 10 % : indemnité en capital, forfaitaire, versée en une fois selon un barème revalorisé chaque année.
  • Taux de 10 % et plus : rente viagère égale au salaire annuel de référence multiplié par le taux utile. Le taux utile vaut la moitié du taux jusqu’à 50 %, puis une fois et demie la fraction au-delà. Un taux de 30 % donne ainsi 15 % du salaire ; un taux de 80 % donne 25 % + 45 % = 70 %.
  • Majoration pour tierce personne au-delà de 80 %, faculté de rachat partiel, majoration de la rente en cas de faute inexcusable de l’employeur.

Ce qui change au 1er novembre 2026

L’article 90 de la LFSS pour 2025 et les décrets n° 2026-354 et n° 2026-355 du 7 mai 2026 réforment l’indemnisation. Ils s’appliquent aux victimes dont l’état est consolidé à compter du 1er novembre 2026. La rente comporte désormais deux parts.

  • Une part professionnelle, égale au taux d’incapacité permanente professionnelle multiplié par le salaire annuel. Elle est versée en rente à partir de 10 %, en capital en dessous.
  • Une part fonctionnelle, qui répare le déficit fonctionnel permanent. Elle se calcule à partir d’un nombre de points et d’une valeur de point, convertis en capital ou en rente selon l’âge à la consolidation.

Deux barèmes indicatifs distincts s’appliquent (arrêté du 7 mai 2026). La réforme tire les conséquences de l’arrêt d’assemblée plénière du 20 janvier 2023. La Cour de cassation y avait jugé que la rente ne réparait pas le déficit fonctionnel.

À vérifier dans vos contrats de prévoyance avant novembre 2026

Les contrats collectifs définissent l’invalidité d’origine professionnelle par référence au « taux d’incapacité permanente » fixé par la Sécurité sociale. En général : rente entière à partir de 66 %, proratisée entre 33 % et 66 %, rien en dessous de 33 %. Avec deux taux à compter du 1er novembre 2026, professionnel et fonctionnel, la clause doit préciser lequel elle retient. Demandez à votre assureur ou à votre courtier comment il lira ces clauses ; BL ASSUR fait le point contrat par contrat avec ses clients.

Après la consolidation : reprise, inaptitude, retraite

La rente répare des séquelles, elle n’empêche pas de travailler. Le salarié reprend son poste après une visite de reprise. Elle est obligatoire dès 30 jours d’arrêt pour un accident du travail, et quelle que soit la durée pour une maladie professionnelle. En cas d’inaptitude d’origine professionnelle, le salarié a droit à une indemnité spéciale de licenciement égale au double de l’indemnité légale, sauf disposition conventionnelle plus favorable, et à une indemnité d’un montant égal à l’indemnité compensatrice de préavis (article L. 1226-14 du Code du travail). Une incapacité permanente d’au moins 20 % ouvre droit à la retraite pour incapacité permanente à taux plein dès 60 ans. Entre 10 % et 19 %, le départ est possible deux ans avant l’âge légal, sous condition de 17 ans d’exposition à des facteurs de risques professionnels.

6. Côté employeur

Ce que chaque situation change pour l’employeur et le contrat de travail

Incapacité vs invalidité : reprise sur poste aménagé d'un salarié couvert par la prévoyance d'entreprise
La mise en invalidité n’est pas une décision de l’employeur et ne rompt pas le contrat. Tout se joue à la visite de reprise.
SituationEffet sur le contratCe que l’employeur doit faireCe qu’il ne doit pas faire
Arrêt de travail (incapacité temporaire) Contrat suspendu. Le salarié conserve son ancienneté, ses droits à mutuelle et prévoyance, et ses congés payés acquis (2 jours ouvrables par mois en maladie, 2,5 en AT/MP). Attestation de salaire via la DSN, maintien de salaire légal ou conventionnel, déclaration à l’assureur prévoyance dès la franchise, rendez-vous de liaison proposé au-delà de 30 jours d’arrêt, visite de pré-reprise possible. Licencier en raison de la maladie. Un licenciement reste possible pour un motif étranger à l’état de santé, ou en cas de perturbation du fonctionnement de l’entreprise rendant nécessaire un remplacement définitif (hors AT/MP, où le contrat est protégé).
Mise en invalidité, catégorie 1 Contrat maintenu. Le salarié peut reprendre, souvent à temps partiel, avec les aménagements demandés par le médecin du travail. Organiser la visite de reprise, appliquer les préconisations, adapter le contrat par avenant en cas de temps partiel, informer l’assureur prévoyance pour la rente de catégorie 1. Considérer que la pension dispense de payer le salaire du temps travaillé. Le cumul est la règle, dans la limite du seuil de comparaison.
Mise en invalidité, catégories 2 et 3 Contrat maintenu tant qu’il n’est pas rompu. Dès que le salarié informe l’employeur de son classement sans manifester la volonté de ne pas reprendre, l’employeur doit prendre l’initiative de la visite de reprise, même si des arrêts continuent d’arriver. Organiser la visite de reprise dès que le salarié la sollicite ou qu’il se présente. Puis, selon l’avis : reprise sur poste aménagé, ou recherche de reclassement et, à défaut, licenciement pour inaptitude avec les indemnités dues. Laisser le dossier en suspens sans visite ni salaire : la visite de reprise met fin à la suspension du contrat et l’employeur qui la retarde s’expose à devoir des salaires.
Consolidation avec incapacité permanente (AT/MP) Contrat maintenu. Visite de reprise obligatoire après 30 jours d’arrêt pour accident du travail, quelle que soit la durée pour maladie professionnelle. Reclassement avec consultation du CSE en cas d’inaptitude, indemnité spéciale de licenciement égale au double de l’indemnité légale et indemnité d’un montant égal à l’indemnité compensatrice de préavis si le reclassement est impossible (L. 1226-14). Oublier que la rente AT/MP et l’éventuelle rente de prévoyance ne dépendent pas de la rupture : elles suivent le salarié.

Sources : Code du travail, articles L. 1226-1 à L. 1226-4-3 (inaptitude non professionnelle), L. 1226-7 à L. 1226-16 (origine professionnelle), L. 1226-1-3 (rendez-vous de liaison), L. 3141-5 (congés payés), R. 4624-29 à R. 4624-33 (visite de pré-reprise et de reprise) ; Cass. soc. 25 janvier 2011, n° 09-42.766 (visite de reprise demandée par le salarié classé en invalidité). Vérification du 7 septembre 2026.

Trois obligations d’information qui reviennent dans les contentieux

  • La notice de prévoyance. Le salarié en arrêt ou en invalidité doit connaître ses garanties, leurs franchises et leurs formalités de déclaration. Sans preuve de remise, l’employeur répond de la perte de chance de percevoir les prestations (Cass. 2e civ. 19 janvier 2023, n° 20-22.503). Notre fiche sur la notice d’information mutuelle et prévoyance détaille le mécanisme.
  • La déclaration du sinistre à l’assureur. Les contrats prévoient un délai de déclaration de l’arrêt (souvent avant la fin de la franchise) et de l’invalidité (à la notification de la CPAM). Un dossier déclaré tard est un dossier payé tard, parfois amputé.
  • Le maintien des garanties. Pendant l’arrêt indemnisé, mutuelle et prévoyance sont maintenues aux conditions du régime. À la rupture, la portabilité peut maintenir gratuitement les garanties santé et prévoyance pendant 12 mois au maximum, si les conditions de l’article L. 911-8 du Code de la sécurité sociale sont remplies, notamment l’ouverture de droits à l’assurance chômage. Le salarié en invalidité conserve dans tous les cas ses prestations en cours. La garantie décès lui est maintenue même si le contrat de prévoyance est résilié (loi Évin, articles 7 et 7-1). Voir notre fiche sur la portabilité de la mutuelle d’entreprise.
7. Le filet de sécurité

Ce que la prévoyance d’entreprise ajoute en cas d’incapacité et d’invalidité

La Sécurité sociale compense une fraction du salaire, l’employeur complète quelques semaines, et ensuite ? C’est le rôle du régime de prévoyance collective. Ce contrat souscrit par l’entreprise, financé en tout ou partie par elle, verse au salarié des indemnités journalières complémentaires, une rente d’invalidité et un capital décès. Le graphique ci-dessous compare, pour un cadre à 4 000 € brut (environ 3 100 € net), ce qu’il perçoit selon la couverture en place.

Revenu mensuel d’un cadre à 4 000 € brut, en pourcentage de son salaire net

Arrêt maladie, IJ de la Sécurité sociale seules 1 289 € brut, soit 42 % du net

Arrêt maladie, IJ + maintien employeur à 90 % (30 à 90 jours) 3 600 € brut, soit 116 % du net avant charges

Arrêt maladie, IJ + prévoyance à 80 % du brut, après le maintien 3 200 € brut, environ 100 % du net

Invalidité catégorie 2, pension seule (salaire moyen 45 000 €) 1 875 € brut, soit 60 % du net

Invalidité catégorie 2, pension + rente de prévoyance à 75 % du brut 3 000 € brut, soit 97 % du net

Chiffres 2026 arrondis, avant CSG-CRDS et impôt. Les niveaux de 80 % et 75 % du brut sont des exemples courants de garanties ; chaque contrat fixe les siens. Le maintien employeur dure 30 à 90 jours selon l’ancienneté, puis cesse.

Les trois garanties qui répondent aux trois situations

Incapacité temporaire

Indemnités journalières complémentaires

  • Versées après une franchise, souvent 3, 30, 60 ou 90 jours, ou en relais du maintien conventionnel.
  • Niveau courant : 70 % à 90 % du salaire brut, ou 100 % du net, IJ de la Sécurité sociale déduites, sans jamais dépasser le net.
  • Jusqu’à la reprise, la mise en invalidité, la retraite ou le 1 095e jour d’arrêt.
  • Base de calcul à vérifier : tranche 1 seule ou tranches 1 et 2, primes incluses ou non.

Invalidité

Rente jusqu’à la retraite

  • Catégories 2 et 3 : rente pleine, souvent 60 % à 80 % du brut, pension de la Sécurité sociale déduite.
  • Catégorie 1 : le plus souvent 60 % de la rente de catégorie 2 (règle des trois cinquièmes).
  • AT/MP : rente pleine à partir de 66 % d’incapacité permanente, proratisée entre 33 % et 66 %, rien en dessous.
  • Revalorisation annuelle et maintien de la rente après la rupture du contrat de travail.

Décès

Le troisième risque lourd

  • Capital de 100 % à 400 % du salaire annuel selon la situation de famille, rentes éducation et de conjoint.
  • Garantie maintenue aux salariés en incapacité ou en invalidité, même si le contrat est résilié (loi Évin, article 7-1).
  • Pour les cadres, le 1,50 % de l’ANI de 2017 est affecté par priorité à la couverture du décès, en pratique plus de la moitié de la cotisation.

Qui est obligé de mettre en place une prévoyance ?

Pour les cadres et assimilés visés par l’ANI du 17 novembre 2017, l’employeur doit financer seul une cotisation de prévoyance d’au moins 1,50 % de la tranche 1, affectée par priorité à la couverture du décès. Au plafond, cela représente 60,08 € par mois en 2026. Ce texte n’impose aucun niveau de garantie incapacité ou invalidité : ces garanties dépendent du contrat souscrit et des obligations éventuellement prévues par la convention collective. Pour les autres salariés, l’obligation vient de la convention collective : la grande majorité des branches imposent un régime incapacité-invalidité-décès, avec des taux et des garanties minimaux. Sans obligation, l’employeur reste libre, mais il porte seul le risque d’un salarié sans revenu. Notre fiche sur la prévoyance cadres et l’obligation du 1,50 % détaille le régime des cadres.

Six points de vigilance dans un contrat de prévoyance

La franchise et la durée

Une franchise de 90 jours crée un trou entre la fin du maintien employeur et le début des IJ complémentaires. La bonne franchise se cale sur la convention collective et l’ancienneté moyenne des effectifs.

La définition de l’invalidité

Alignement sur les catégories de la Sécurité sociale, ou barème propre au contrat (croisement d’un taux fonctionnel et d’un taux professionnel). Le second est fréquent en prévoyance TNS, plus rare en collectif, et change tout pour les cas intermédiaires.

La base et le plafond

Salaire brut des 12 derniers mois ou salaire de référence, tranche 1 seule ou tranches 1 et 2, primes variables incluses ou non. Un cadre à 90 000 € couvert sur la seule tranche 1 perd la moitié de son revenu.

Les exclusions et les délais

Faits intentionnels, sports à risque, guerre, mais aussi délais d’attente à la souscription et traitement des arrêts en cours à la date d’effet (reprise du passif ou non). Ce dernier point pèse lors d’un changement d’assureur.

La revalorisation des prestations

Une rente non revalorisée perd un quart de sa valeur en dix ans d’inflation modérée. Vérifiez l’indice, la périodicité, et qui paie la revalorisation en cas de changement d’assureur (loi Évin, article 7, et article L. 912-3 du Code de la sécurité sociale).

La garantie mensualisation

Le remboursement à l’employeur du maintien de salaire légal ou conventionnel. Peu coûteuse, elle transforme un arrêt long en charge assurée plutôt qu’en trou de trésorerie.

Le conseil BL ASSUR : partir de la convention collective, pas du tarif

Nous lisons d’abord l’obligation conventionnelle : maintien de salaire, taux, garanties minimales. Puis nous construisons la franchise et les niveaux pour qu’aucune période ne reste découverte, et nous mettons plus de 30 assureurs en concurrence. Le 1,50 % cadres est l’obligation minimale issue de l’ANI de 2017 ; pour les non-cadres, des socles existent à partir de 0,50 % du salaire brut selon la convention collective. Premier retour sous 24 h ouvrées, comparatif sous 48 h ouvrées, 0 € de frais de courtage, et le comité d’entreprise externalisé offert à vos salariés.

8. Sur le terrain

Cinq cas pratiques chiffrés, incapacité et invalidité

Les situations ci-dessous sont construites avec les montants 2026. Les niveaux de garanties de prévoyance cités sont des exemples courants ; chaque contrat et chaque convention collective fixent les leurs. Chiffres arrondis, avant CSG-CRDS et impôt.

Cas n° 1

Six mois d’arrêt maladie pour un salarié à 2 200 € brut

Préparateur de commandes, 2 200 € brut par mois (environ 1 720 € net), trois ans d’ancienneté, arrêt maladie de six mois après une opération. La convention collective ne prévoit rien de plus que la loi.

  • IJ de la Sécurité sociale : salaire journalier de base 72,33 € (6 600 € divisés par 91,25), IJ de 36,16 € par jour, soit 1 085 € brut par mois, environ 1 012 € après CSG-CRDS. Rien les trois premiers jours.
  • Maintien employeur : après 7 jours de carence, 30 jours à 90 % du brut (1 980 € par mois, IJ déduites) puis 30 jours à 66,66 % (1 467 €). Le complément employeur revient à environ 895 € puis 382 € par mois.
  • À partir du 68e jour : IJ seules, 1 012 € net pour 1 720 € de salaire net habituel. Sur les quatre derniers mois, la perte dépasse 2 700 €.
  • Avec une prévoyance garantissant 80 % du brut en relais de la mensualisation : 1 760 € par mois, soit 675 € de complément mensuel jusqu’à la reprise. Coût du contrat : de l’ordre de 0,5 % à 1 % du salaire brut selon la convention collective, partagé entre l’employeur et le salarié.
Cas n° 2

Dix-huit mois d’arrêt puis invalidité de catégorie 2 pour un cadre à 4 000 € brut

Responsable commerciale de 45 ans, 4 000 € brut (environ 3 100 € net), douze ans d’ancienneté, maladie longue. Après dix-huit mois d’arrêt, le médecin-conseil la classe en invalidité de catégorie 2.

  • Pendant l’arrêt : IJ plafonnées à 42,97 € par jour, soit 1 289 € brut par mois, 42 % de son net. Le maintien légal (50 jours à 90 %, 50 jours à 66,66 % pour son ancienneté) la protège moins de quatre mois. Ensuite, sans prévoyance, elle vit avec 1 289 € brut.
  • Si le contrat souscrit prévoit une garantie incapacité à 80 % du brut : 3 200 € par mois, soit 1 911 € de complément mensuel pendant plus d’un an. Ce niveau de 80 % ne découle pas du 1,50 % cadres, qui impose une cotisation et non une garantie : il dépend du contrat souscrit et, le cas échéant, de la convention collective.
  • En invalidité : salaire annuel moyen des 10 meilleures années 45 000 €, pension de 50 %, soit 1 875 € par mois (plafond 2 002,50 €). Sans prévoyance, 60 % de son net jusqu’à 62 ans.
  • Avec une rente de 75 % du brut sous déduction de la pension : 1 125 € de rente mensuelle, 3 000 € au total, 97 % de son net. Sur dix-sept ans, la rente représente plus de 200 000 €, revalorisation non comprise.
Cas n° 3

Invalidité de catégorie 1 et reprise à mi-temps : la règle du cumul

Assistante administrative, 2 400 € brut par mois avant son accident de la route, classée en catégorie 1. Son salaire annuel moyen des 10 meilleures années est de 27 000 €. Elle reprend à mi-temps à 1 200 € brut.

  • Pension : 30 % de 27 000 €, soit 8 100 € par an, 675 € par mois.
  • Seuil de comparaison : le plus élevé entre son dernier salaire annuel (28 800 €) et son salaire moyen (27 000 €), soit 28 800 €, dans la fourchette légale (SMIC annuel 22 404 €, plafond 72 090 €).
  • Cumul : 8 100 € de pension + 14 400 € de salaire = 22 500 €, en dessous du seuil. La pension est versée intégralement : 1 875 € brut par mois au total. Si elle passait à trois quarts de temps (21 600 €), le cumul atteindrait 29 700 €, dépassement de 900 € par an, et la pension baisserait de 37,50 € par mois.
  • Prévoyance : le contrat de l’entreprise garantit 70 % du brut sous déduction de la pension, soit une rente de catégorie 2 de 555 € (1 680 € moins une pension de 1 125 €). En catégorie 1, il verse les trois cinquièmes de cette rente, environ 333 € par mois. Avec le salaire à mi-temps, elle retrouve 92 % de son ancien revenu.
Cas n° 4

Accident du travail, consolidation à 15 % : la zone où la prévoyance se tait

Technicien de maintenance, 2 500 € brut par mois (30 000 € par an), chute d’une échelle, cinq mois d’arrêt, consolidation avec un taux d’incapacité permanente de 15 %.

  • Pendant l’arrêt : IJ AT/MP sans carence, 60 % du salaire journalier de référence (82,18 €), soit 49,31 € les 28 premiers jours. Puis 80 %, ramenés au gain journalier net de 64,92 € par jour : environ 1 948 € par mois, quasiment son net. Le maintien employeur complète à 90 % du brut sans carence.
  • À la consolidation : taux de 15 %, donc rente viagère. Taux utile 7,5 %, rente de 2 250 € par an, 187,50 € par mois, versée chaque trimestre. Consolidé après le 1er novembre 2026, il recevrait une part professionnelle calculée sur son taux professionnel et une part fonctionnelle en points.
  • Prévoyance : la plupart des contrats ne versent rien en dessous de 33 % d’incapacité permanente. S’il est reclassé sur un poste moins payé, la perte n’est compensée par personne. Certains contrats abaissent ce seuil ; c’est un point à négocier pour les métiers exposés.
  • Retraite : avec un taux entre 10 % et 19 %, il pourra partir deux ans avant l’âge légal s’il justifie de 17 ans d’exposition à des facteurs de risques professionnels.
Cas n° 5

Le salarié en invalidité de catégorie 2 qui ne revient pas : que fait l’employeur ?

Cabinet d’expertise comptable de douze salariés. Une collaboratrice de 48 ans, en arrêt depuis deux ans, informe son employeur par courrier de son classement en invalidité de catégorie 2, sans dire qu’elle renonce à reprendre.

  • Le réflexe attendu : l’employeur organise lui-même la visite de reprise auprès du médecin du travail, sans attendre la fin des arrêts (Cass. soc. 25 janvier 2011, n° 09-42.766). Se contenter de l’inviter à prendre rendez-vous ne suffit pas : le retard lui serait imputable, avec les salaires à la clé.
  • L’avis d’inaptitude : recherche de reclassement, consultation du CSE, puis licenciement pour inaptitude avec l’indemnité légale ou conventionnelle. L’origine étant non professionnelle, ni préavis ni indemnité compensatrice.
  • Côté prévoyance : la rente d’invalidité continue après la rupture, revalorisée selon le contrat, et la garantie décès lui est maintenue. L’employeur transmet la notification de la CPAM et le certificat de travail à l’assureur.
  • Côté mutuelle : portabilité pendant 12 mois au plus si le licenciement ouvre droit à l’assurance chômage (article L. 911-8), puis sortie individuelle aux conditions de l’article 4 de la loi Évin. Le comité d’entreprise externalisé offert par BL ASSUR reste accessible pendant la portabilité.
9. Pas à pas

La check-list employeur en huit étapes, de l’arrêt à l’invalidité

Pendant l’arrêt de travail

  1. Déclencher les IJ et le maintien de salaire

    Attestation de salaire par la DSN dès réception de l’arrêt, subrogation si le régime le prévoit, calendrier du maintien légal ou conventionnel calé sur l’ancienneté. Vérifier le motif : maladie, accident de trajet ou accident du travail ne s’indemnisent pas de la même façon.

  2. Déclarer l’arrêt à l’assureur de prévoyance avant la fin de la franchise

    La déclaration se fait dès que l’arrêt risque de dépasser la franchise, pas à la mise en invalidité. Pièces habituelles : arrêts de travail, décomptes d’IJ, bulletins de paie des 12 derniers mois. Un dossier déclaré à 90 jours pour une franchise de 30 jours est un dossier qui paie en retard.

  3. Informer le salarié de ses garanties et de ses démarches

    Notice d’information de prévoyance remise et prouvée, coordonnées de l’assureur, formalités à accomplir en cas d’invalidité. L’employeur qui ne prouve pas cette information répond de la perte de chance du salarié.

  4. Suivre les prolongations et préparer la reprise

    Depuis le 1er septembre 2026, un arrêt long se compose de prolongations de 62 jours au plus. Rendez-vous de liaison proposé au-delà de 30 jours, visite de pré-reprise à la demande du salarié ou du médecin, contact avec le médecin du travail pour un éventuel temps partiel thérapeutique.

À la stabilisation et après

  1. Anticiper la fin des IJ

    À l’approche des 360 IJ ou des 3 ans en ALD, s’assurer que la demande de pension d’invalidité ou la consolidation AT/MP est engagée, et transmettre la notification de la caisse à l’assureur pour ouvrir la rente sans interruption de revenu.

  2. Organiser la visite de reprise et appliquer l’avis

    Obligatoire après 60 jours d’arrêt pour maladie, 30 jours pour accident du travail, toute durée pour maladie professionnelle, et dès que le salarié classé en invalidité de catégorie 2 la sollicite. Aménagement, temps partiel, reclassement avec consultation du CSE, ou licenciement pour inaptitude.

  3. Sécuriser la rupture, si elle intervient

    Indemnités dues selon l’origine (indemnité spéciale doublée et indemnité égale au préavis en cas d’origine professionnelle), certificat de travail mentionnant la portabilité, information de l’assureur pour le maintien de la rente et de la garantie décès, remise des documents de fin de contrat.

  4. Auditer le contrat de prévoyance chaque année

    Franchise cohérente avec le maintien conventionnel, base de calcul complète, définition de l’invalidité, clause AT/MP relue à la lumière de la réforme du 1er novembre 2026, revalorisation des rentes, garantie mensualisation. BL ASSUR réalise cet audit gratuitement et remet le régime en concurrence si nécessaire. Notre check-list embauche et départ complète cette liste.

10. À éviter

Les erreurs qui coûtent cher

Croire que la CPAM « licencie » en mettant en invalidité. La pension ne touche pas au contrat de travail. C’est la visite de reprise et l’avis du médecin du travail qui décident de la suite.

Déclarer le sinistre à l’assureur trop tard. L’arrêt se déclare avant la fin de la franchise, l’invalidité dès la notification. Les contrats prévoient des délais, et les IJ complémentaires ne sont pas toujours rétroactives.

Laisser un trou entre le maintien conventionnel et la franchise. Un maintien de 45 jours et une franchise de 90 jours laissent le salarié six semaines aux IJ plafonnées. La franchise se choisit après lecture de la convention collective.

Ne pas prouver la remise de la notice de prévoyance. Le salarié qui ignore ses garanties ne les réclame pas ; l’employeur en répond ensuite devant le conseil de prud’hommes.

Confondre taux d’incapacité permanente et invalidité. Un taux AT/MP de 15 % ne déclenche ni pension d’invalidité ni rente de prévoyance dans la plupart des contrats. Le seuil de 33 % se négocie.

Ne pas organiser la visite de reprise du salarié invalide. Informé du classement en catégorie 2, l’employeur doit prendre l’initiative de la visite. Le retard lui est imputable, salaires compris.

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Un salarié en arrêt long ou en invalidité voit son budget se resserrer au moment où les dépenses de santé et de vie courante augmentent. Les entreprises accompagnées par BL ASSUR offrent à tous leurs salariés un comité d’entreprise externalisé, inclus sans surcoût dans notre accompagnement, et accessible pendant l’arrêt de travail comme pendant la portabilité. Des réductions toute l’année, pour lui et pour sa famille.

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11. Questions fréquentes

FAQ : 20 questions d’employeurs sur l’incapacité et l’invalidité

Les notions

Quelle est la différence entre incapacité et invalidité ?

L’incapacité de travail est temporaire : c’est l’arrêt de travail prescrit par le médecin, indemnisé par des indemnités journalières. L’invalidité est un état stabilisé et durable, reconnu par le médecin-conseil de l’Assurance Maladie lorsque la capacité de travail ou de gain est réduite d’au moins deux tiers. Elle donne lieu à une pension mensuelle jusqu’à la retraite. L’une se compte en jours, l’autre en années.

Qu’est-ce que l’incapacité permanente, et en quoi diffère-t-elle de l’invalidité ?

L’incapacité permanente est la notion propre aux accidents du travail et aux maladies professionnelles. À la consolidation, la caisse fixe un taux, exprimé en pourcentage. Il donne droit à un capital en dessous de 10 % et à une rente viagère à partir de 10 %. L’invalidité, elle, concerne les maladies et accidents non professionnels et se traduit par un classement en catégorie 1, 2 ou 3. Les deux régimes ne se cumulent pas pour le même sinistre.

Peut-on être reconnu invalide sans avoir été en arrêt de travail pendant trois ans ?

Oui. L’invalidité s’apprécie dès que l’état est stabilisé, à la consolidation, à l’expiration des IJ ou à la constatation médicale. Un accident non professionnel grave peut conduire à une mise en invalidité en quelques mois. À l’inverse, épuiser ses 360 IJ n’entraîne pas automatiquement l’invalidité : si la capacité n’est pas réduite de deux tiers, le salarié se retrouve sans IJ ni pension.

L’invalidité reconnue par la Sécurité sociale entraîne-t-elle l’inaptitude ?

Non. Ce sont deux décisions distinctes, prises par deux médecins différents selon des critères différents. Le médecin-conseil apprécie la capacité de gain en général ; le médecin du travail apprécie l’aptitude au poste dans l’entreprise, lors de la visite de reprise. Un salarié invalide peut être apte à un poste aménagé, et un salarié inapte peut ne pas être invalide.

Les indemnités journalières et le maintien de salaire

Combien un salarié touche-t-il en arrêt maladie en 2026 ?

50 % de son salaire journalier de base, calculé sur les trois derniers mois de salaire brut divisés par 91,25, dans la limite d’un salaire de 1,4 SMIC. L’IJ maximale est de 42,97 € par jour pour les arrêts débutant à compter du 1er juillet 2026, après trois jours de carence. À cela s’ajoutent le maintien de salaire de l’employeur, sous conditions, puis les indemnités complémentaires de la prévoyance d’entreprise.

Quelle est la durée maximale des indemnités journalières ?

En maladie, 360 IJ sur une période de trois années consécutives. En affection de longue durée, trois ans de date à date pour chaque affection, un nouveau délai s’ouvrant après une reprise d’au moins un an. En accident du travail ou maladie professionnelle, les IJ durent jusqu’à la guérison ou la consolidation. Pour les sinistres survenus à compter du 1er janvier 2027, elles seront limitées à quatre ans.

Qu’est-ce qui a changé pour les arrêts de travail depuis le 1er septembre 2026 ?

La durée des prescriptions est plafonnée : 31 jours pour un premier arrêt, 62 jours pour chaque prolongation (article 81 de la LFSS 2026, décret n° 2026-498 du 12 juin 2026). Le prescripteur peut déroger à ces plafonds s’il le motive au regard de la situation du patient. Un arrêt long se gère donc par prolongations successives, ce qui multiplie les avis à traiter en paie et à transmettre à l’assureur de prévoyance.

Le maintien de salaire par l’employeur est-il obligatoire ?

Oui, à partir d’un an d’ancienneté, pour un salarié pris en charge par la Sécurité sociale et soigné en France ou dans l’Espace économique européen. L’arrêt doit avoir été transmis dans les 48 heures. Le complément légal couvre 90 % du brut puis 66,66 %, pendant 30 à 90 jours chacun selon l’ancienneté. La carence est de 7 jours en maladie, nulle en accident du travail. La plupart des conventions collectives prévoient mieux, et beaucoup de contrats de prévoyance remboursent ce complément à l’employeur.

Les indemnités journalières sont-elles imposables ?

Les IJ maladie sont imposables et soumises à la CSG (6,2 %) et à la CRDS (0,5 %). Celles versées au titre d’une affection de longue durée exonérante restent exonérées d’impôt, la loi de finances pour 2026 ayant maintenu cette exonération. Les IJ d’accident du travail sont imposables à hauteur de 50 % ; leur fiscalisation intégrale est envisagée dans le PLFSS 2027. Les indemnités complémentaires de prévoyance sont imposables et, pour la part financée par l’employeur, soumises à cotisations tant que le contrat de travail subsiste.

L’invalidité

Quels sont les montants de la pension d’invalidité en 2026 ?

La pension vaut 30 % du salaire annuel moyen des 10 meilleures années en catégorie 1, et 50 % en catégories 2 et 3. Les salaires sont retenus dans la limite du plafond de la Sécurité sociale. En 2026, elle va de 338,31 € à 1 201,50 € par mois en catégorie 1, et de 338,31 € à 2 002,50 € en catégorie 2. En catégorie 3 s’ajoute une majoration pour tierce personne de 1 298,44 € par mois depuis le 1er avril 2026.

Peut-on travailler en étant en invalidité ?

Oui. La catégorie 1 suppose une capacité d’activité ; les catégories 2 et 3 n’interdisent pas une reprise, sans accord préalable du médecin-conseil en principe, à condition d’informer la caisse. La pension peut alors être réduite ou suspendue selon les revenus, et la catégorie révisée si l’état de santé évolue. Le cumul de la pension et des revenus est intégral tant qu’il ne dépasse pas le seuil de comparaison. Ce seuil est le plus élevé du dernier salaire annuel et du salaire moyen des 10 meilleures années, encadré par le SMIC annuel et 1,5 fois le plafond de la Sécurité sociale (72 090 € en 2026). Au-delà, la pension est réduite de la moitié du dépassement.

Que devient la pension d’invalidité à la retraite ?

À 62 ans, elle est remplacée par une retraite au titre de l’inaptitude au travail, calculée au taux plein de 50 % quel que soit le nombre de trimestres. La réforme des retraites de 2023 a maintenu cet âge de 62 ans pour les invalides. Le salarié qui exerce encore une activité peut conserver sa pension d’invalidité, au plus tard jusqu’à 67 ans. La rente de prévoyance cesse en général à la liquidation de la retraite.

Qui demande la pension d’invalidité, l’employeur ou le salarié ?

Ni l’un ni l’autre n’y est obligé, mais l’employeur n’a aucun rôle dans la décision. La caisse peut prendre l’initiative, notamment à l’approche de la fin des IJ ; le salarié peut la demander lui-même dans les 12 mois de la stabilisation ou de la fin des IJ. La caisse répond dans les deux mois ; son silence vaut rejet, contestable devant la commission de recours amiable puis le pôle social du tribunal judiciaire.

La pension d’invalidité est-elle définitive ?

Non, elle est attribuée à titre provisoire. La caisse peut la réviser, la suspendre ou la supprimer selon l’évolution de l’état de santé et des ressources. Le passage de la catégorie 2 à la catégorie 1, ou l’inverse, modifie aussi la rente de prévoyance, qui suit en général la catégorie reconnue par la Sécurité sociale.

Le contrat de travail

L’employeur peut-il licencier un salarié en arrêt de travail ou en invalidité ?

Pas en raison de son état de santé, qui est un motif discriminatoire. Pendant un arrêt d’origine non professionnelle, un licenciement reste possible pour un motif étranger à la maladie. Il l’est aussi lorsque les absences prolongées perturbent le fonctionnement de l’entreprise et rendent nécessaire un remplacement définitif. Pendant un arrêt d’origine professionnelle, le contrat est protégé, sauf faute grave ou impossibilité de le maintenir pour un motif étranger à l’accident. La mise en invalidité ne change rien à ces règles : seule l’inaptitude constatée par le médecin du travail ouvre la procédure de reclassement puis, à défaut, de licenciement.

Que doit faire l’employeur quand un salarié l’informe de sa mise en invalidité de catégorie 2 ?

Organiser lui-même la visite de reprise auprès du médecin du travail, dès lors que le salarié ne manifeste pas la volonté de ne pas reprendre (Cass. soc. 25 janvier 2011, n° 09-42.766 ; Cass. soc. 15 février 2011, n° 09-43.172). L’envoi d’arrêts de travail après le classement ne l’en dispense pas. Cette visite met fin à la suspension du contrat. En cas d’inaptitude, l’employeur recherche un reclassement puis, à défaut, procède au licenciement. Il transmet en parallèle la notification de la CPAM à l’assureur de prévoyance.

Le salarié en arrêt ou en invalidité reste-t-il couvert par la mutuelle et la prévoyance ?

Oui, tant que le contrat de travail subsiste : les garanties sont maintenues pendant la suspension indemnisée, aux conditions de l’acte fondateur et du contrat. Après la rupture, la portabilité peut maintenir gratuitement mutuelle et prévoyance pendant 12 mois au maximum si les conditions de l’article L. 911-8 sont remplies, notamment l’ouverture de droits à l’assurance chômage ; la sortie individuelle de la loi Évin prend ensuite le relais pour la santé. La rente d’invalidité déjà ouverte continue d’être versée par l’assureur. La garantie décès est maintenue au salarié invalide même si le contrat est résilié (loi Évin, articles 7 et 7-1).

La prévoyance d’entreprise

La prévoyance incapacité-invalidité est-elle obligatoire dans l’entreprise ?

Pour les cadres et assimilés, l’employeur doit financer seul une cotisation d’au moins 1,50 % de la tranche 1, affectée par priorité au décès (ANI du 17 novembre 2017). Pour les autres salariés, l’obligation vient de la convention collective, et la grande majorité des branches imposent un régime incapacité-invalidité-décès avec des minimums. Sans obligation conventionnelle, la prévoyance reste facultative, mais un employeur sans régime porte seul le risque d’un salarié privé de revenu.

Comment la prévoyance calcule-t-elle la rente d’invalidité ?

Le contrat fixe un pourcentage du salaire de référence, souvent 60 % à 80 % du brut, dont il déduit la pension de la Sécurité sociale, sans que le total dépasse le net. La catégorie 1 reçoit le plus souvent les trois cinquièmes de la rente de catégorie 2 ; les catégories 2 et 3 reçoivent la rente entière. En accident du travail, la rente est entière à partir de 66 % d’incapacité permanente, proratisée entre 33 % et 66 %, et nulle en dessous dans la plupart des contrats. Elle est versée jusqu’à la retraite et revalorisée selon le contrat.

Combien coûte une prévoyance d’entreprise et comment BL ASSUR vous accompagne-t-il ?

Le coût dépend des garanties, de la convention collective et des effectifs. Le 1,50 % cadres est l’obligation minimale issue de l’ANI de 2017, et des socles non-cadres existent à partir de 0,50 % du salaire brut selon la branche. BL ASSUR lit d’abord votre convention collective, construit une franchise et des niveaux sans période découverte, puis met plus de 30 assureurs en concurrence. Premier retour sous 24 h ouvrées, comparatif sous 48 h ouvrées, 0 € de frais de courtage, audit gratuit de votre contrat en place, et le comité d’entreprise externalisé offert à vos salariés.

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Pour aller plus loin

Fiches connexes

Sources et date de vérification

Fiche rédigée par Renaud Lebrun, courtier fondateur de BL ASSUR. Vérification des textes et des montants effectuée le 7 septembre 2026. Cette fiche décrit le droit applicable de manière générale ; chaque situation appelle une analyse de vos contrats, de vos actes et de votre convention collective.

  • Code de la sécurité sociale : articles L. 321-1, L. 323-1 et R. 323-1 à R. 323-4 (indemnités journalières maladie), L. 341-1 à L. 341-4, R. 341-4 à R. 341-6 et R. 341-17 (invalidité, catégories, cumul), L. 351-1-5 (retraite pour inaptitude), L. 433-1, L. 433-2, R. 433-1 à R. 433-4 et D. 433-9 (IJ AT/MP), L. 434-1 et L. 434-2 (incapacité permanente).
  • Code du travail : articles L. 1226-1 et D. 1226-1 à D. 1226-8 (maintien de salaire), L. 1226-1-3 (rendez-vous de liaison), L. 1226-2 à L. 1226-4-3 et L. 1226-7 à L. 1226-16 (inaptitude), R. 4624-29 à R. 4624-33 (visites de pré-reprise et de reprise).
  • ameli.fr, les pensions d’invalidité : catégories et montants (montants au 1er janvier 2026, majoration pour tierce personne au 1er avril 2026) et ameli.fr, le montant de votre pension d’invalidité (ASI au 1er avril 2026).
  • Instruction interministérielle DSS/2A/2026/36 du 26 mars 2026 (revalorisation de 0,8 % au 1er avril 2026).
  • Décret n° 2025-160 du 20 février 2025 (plafond des IJ maladie à 1,4 SMIC) ; décret n° 2022-257 du 23 février 2022 et décret n° 2023-684 du 28 juillet 2023 (cumul pension-revenus, seuil de comparaison plafonné à 1,5 PASS).
  • Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026, article 81 ; décret n° 2026-498 du 12 juin 2026 (durée des prescriptions) ; décret n° 2026-501 du 12 juin 2026 (durée maximale de quatre ans des IJ AT/MP à compter du 1er janvier 2027).
  • Loi n° 2025-199 du 28 février 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2025, article 90 ; décrets n° 2026-354 et n° 2026-355 et arrêté du 7 mai 2026 (réforme de l’incapacité permanente AT/MP au 1er novembre 2026) ; Cass. ass. plén. 20 janvier 2023, n° 20-23.673 et 21-23.947.
  • Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023, article 11 (retraite à 62 ans des invalides) ; L’Assurance retraite, retraite pour incapacité permanente.
  • Cour de cassation, chambre sociale : 25 janvier 2011, n° 09-42.766 et 15 février 2011, n° 09-43.172 (visite de reprise du salarié classé en invalidité) ; deuxième chambre civile, 19 janvier 2023, n° 20-22.503 (notice d’information).
  • Loi n° 89-1009 du 31 décembre 1989 (loi Évin), articles 4, 7 et 7-1 ; ANI du 17 novembre 2017 relatif à la prévoyance des cadres, article 1er.
  • Rapport d’évaluation des politiques de sécurité sociale, pension d’invalidité : 941 000 pensionnés tous régimes et 9,8 milliards d’euros de dépenses en 2025.
  • Dépêche AFP du 28 août 2026 sur le projet de décret abaissant le plafond des IJ AT/MP à 1,8 SMIC au 1er novembre 2026 (non publié au 7 septembre 2026).

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